Vive la rentrée !

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Il y a deux moments magiques dans l’année : Le premier janvier, et … la rentrée.

Le premier est l’occasion de lancer à tout va des bonnes paroles et des souhaits plus ou moins sincères, mais qu’importe, l’important, c’est le geste, et surtout de prendre les bonnes et grandes résolutions … qui ne tiendront pas le mois…

Le second moment est souvent euphorique car il est l’espoir de voir émerger les grands bouleversements qui vont apporter cette vie meilleure que tant de gens souhaitent, attendant gentiment que ça vienne tout seul, comme si tout nous arrivait sans faire d’efforts, telle une manne
qui dégringole sur les heureux élus…

Las, comme à chaque fois, les espoirs traînent jusqu’aux fêtes de fin d’année qui ont remplacé le Noël maintenant banni, car sectaire et discriminant, contrairement à L’Aïd, qui reste neutre et laïque, et amène doucement la population atone vers les souhaits bienveillants qui les conforteront jusqu’aux prochaines vacances, qui sont assez nombreuses il faut bien le reconnaître.

Période de discrétion par excellence, les vacances permettent de passer des choses un peu difficiles, en profitant d’une absence (physique ou intellectuelle) d’une masse un peu abasourdie par la torpeur de l’été, torpeur d’autant mieux entretenue cette année avec la déferlante fort opportune d’une canicule qui n’avait rien d’exceptionnel, mais que l’on a présentée comme relevant du jamais vu jusqu’à maintenant. Cela a permis, par exemple, de critiquer ouvertement des feux de forêts habituels en Amérique du Sud, tout en oubliant ceux plus importants chez nos amis africains, surtout ces amis qui adorent nos subventions ou nos oublis de remboursement de leurs dettes. Les vapeurs éthérées de nos médias aux ordres ont bien imprégné l’atmosphère lourde et évanescente de l’été pour nous faire oublier la condamnation odieuse des courageux patriotes qui ont démontré au col alpin que l’état ne respectait pas la loi, et la dépendance des services de répressions judiciaires a
été clairement affichée par des jugements iniques. Nous avons eu aussi droit aux attentats qui ont sévi sur les territoires pas encore perdus de la république, actes odieux qui se sont soldés par quelques tags fort peu flatteurs à l’endroit des larbins du roi, eux qui ne comprennent pas encore pourquoi ils sont si peu aimés, alors qu’ils sont si largement élus… Effectivement, c’est incompréhensible… Par contre, un crime au couteau faisant un mort et de nombreux blessés n’est qu’un malheureux incident, et tout le monde aura noté qu’il faut garder une grande prudence quant à l’interprétation de l’acte, isolé, certes, et probablement, sans lien avec l’action symbolique des condamnés mentionnés plus haut.

Autre événement qui montre la progression de la décrépitude continue de nos institutions, c’est l’obligation de mettre maintenant le drapeau de l’union européenne dans les écoles. Habituellement, on affiche en symbole le pavillon de son Pays, de sa Nation, accessoirement et secondement, celui de sa région. L’union européenne n’est en aucun cas une nation, encore moins un pays, ni un territoire, c’est une entité fictive qui a été décidée sournoisement, et qui a pour mission de détruire les autochtones des pays qui ont eu le tort d’adhérer à ce carcan, à l’insu des populations, la plupart du temps. Il est donc plus que temps de se sortir de cette prison, mais chacun aura remarqué que le
seul candidat à la sortie rencontre des difficultés nettement orientées vers une issue « sans suites »… La tentative de sortie est donc loin d’être confirmée.

Donc, c’est la rentrée, et comme chaque année, ça va chauffer… Et effectivement, c’est tous les ans la même chose : on va voir ce qu’on va voir, et « on va faire bouger les lignes ». Le refrain revient régulièrement tous les débuts septembre, pour s’évanouir lamentablement les mois suivants.

Les dirigeants ont très bien compris que les peuples sont devenus totalement incapables d’une reprise en main de la situation désastreuse dans laquelle ils sont incarcérés. Les manifestations ne donnent aucun résultat positif, « cause toujours, défile, on attendra que ça se passe », et au besoin, on demandera aux serviteurs zélés de s’exprimer, ça les changera des banlieues intouchables. Un rassemblement de plus d’un million de personnes refusant un changement sociétal n’a rien donné, des rassemblements hebdomadaires n’ont apporté pratiquement aucune avancée significative, et on ne peut que déplorer les yeux perdus et les mains arrachées, et pour quel résultat ? Est-ce possible
que toutes ces misères, ces exactions, n’aient vraiment servi à rien ? Il est vrai que le maintien de la quiétude publique n’a pas conduit à des conséquences irréversibles, d’après le clown qui a commenté, vraiment, qu’est-ce que ça aurait été si justement, ces conséquences l’avaient été ?..

Tout ceci démontre que les manifestations de rue n’aboutissent et n’aboutiront jamais à rien, si ce n’est à subir une répression féroce. Il ne faut pas se leurrer, la contestation demande des sacrifices.

« C’est la rentrée, ça va chauffer »

Les pétitions sont les pires qui soient au niveau de l’efficacité, il est évident que le seul intérêt d’une pétition, c’est de faire plaisir à celui ou ceux qui l’ont initiée, ils ont eu l’impression de « faire quelque chose ». Faire quelque chose, c’est bien, encore faut-il que cela soit utile, ou mieux, efficace. Le système est maintenant parfaitement cloisonné, il sera pratiquement impossible d’en sortir, en tous les cas, certainement pas d’une manière pacifique. Les masses sont complètement anesthésiées, les vieux par la télé, les moins vieux par les réseaux sociaux, la nouvelle voie de propagande qui dépasse, et de loin, tout ce que l’Histoire nous a appris, dans ce sens que ces réseaux d’abrutissement collectif ont su récupérer et assujettir des masses énormes devenues incapables de penser par elles-même, amenées à penser « comme tout le monde », et quand tout le monde pense la même chose, c’est que plus personne ne pense. Il est totalement incompréhensible que tant de personnes, pourtant pas dénuées de bon sens, puissent ainsi accepter le plus naturellement du monde, cet esclavage volontaire, on dira simplement pour leur défense, que leur naïveté les empêche d’en prendre conscience. N’oublions jamais que ces réseaux sont de plus en
plus contrôlés, de plus en plus censurés, et qu’il devient difficile de s’en défaire, les rares personnes qui sont arrivées à se libérer de la drogue dure vous le confirmeront.

C’est la rentrée, ça va chauffer, enfin, pas si sûr, il faudrait vraiment que les français se mettent dans la tête que, comme disait Lénine, « le chemin de la révolte n’est pas pavé de roses »…

 

Roger FER

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