Tu ne tueras point

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Au secours la loi Avia revient ou l’illusion qu’une loi pénale pourrait remplacer la loi morale ?

 

Dans un autre monde on enseignait aux enfants et aux adolescents les lois de Moïse, et son « tu ne tueras point », puis vint la loi du Christ plus sophistiquée qui expliquait que chaque être humain, portant en lui une parcelle divine, toute atteinte qui lui était portée était une offense à Dieu. Dans la religion islamique a contrario il existe des versets du Coran (livre sacré de l’islam que doit suivre à la lettre chaque musulman et qui ne peut évoluer parce qu’incréé) qui contiennent des appels à tuer ; je ne ferai qu’en citer les extraits, les plus emblématiques :

 

Sourate 2 (La vache), versets 190-193. « Purifier » le territoire des associationistes.

Sourate 5 (La table servie), verset 33. Tuer, crucifier, expulser du pays les corrupteurs.

Sourate 8 (Le butin), verset 12-13. Égorger, décapiter les mécréants.

Sourate 9 (L’immunité, ou : Le repentir), verset 5. Exiger la conversion des associateurs sous menace de mort.

 

On voit ainsi que l’on passe allègrement du « Si Dieu n’existe pas, tout est permis » de Raskolnikov, l’anti-héros du roman de Dostoïevski « Crime et Châtiment », au « Si Allah existe, tout est permis » ! Mais abandonnons les principes de la religion en disant que le grand philosophe Emmanuel Kant a renouvelé les grands principes chrétiens, dans une vision laïque propre au Siècle des Lumières, en affirmant ce principe de la supériorité de la vie : « Quiconque tuerait une personne, c’est comme s’il avait tué tous les hommes ». Et puis, dans une approche totalement athéiste, on peut être étonné, pour ne pas dire fasciné, de considérer tout le mal que se donne la médecine, grâce aux immenses progrès qu’elle a fait, pour sauver des vies mais a contrario complètement horrifié, pour ne pas dire accablé de voir que des êtres humains, totalement innocents, puissent encore de nos jours être sacrifiés par l’utilisation d’armes blanches, pour des raisons absconses d’une idéologie totalement archaïque.

Qu’il me soit possible de rendre hommages à ces martyrs français de ces 10 années de ténèbres :

Il y a 9 ans Jacques Hamel, prêtre, est décapité en son église.

La même année Jean-Baptiste Salvaing, policier, et sa femme Jessica Schneider, sont tués à l’arme blanche.

Il y a 5 ans Hervé Cornara, chef d’entreprise était décapité.

Il y a 2 ans Le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame est assassiné, sa mort étant due à « une plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche », en l’occurrence un couteau de chasse.

La même année, Ronan Gosnet, informaticien, est tué ; il présentait 10 plaies à l’arme blanche.

 Il y a 1 an Damien Ernest, Anthony Lancelot, Brice Le Mescam, Aurélia Trifiro, tous les 4 fonctionnaires à la Préfecture de Police de Paris, meurent assassinés au couteau.

Aujourd’hui Samuel Paty, enseignant, a été assassiné par arme blanche et décapité.

 

Si ces principes moraux élémentaires du respect sacré de toute vie humaine et de son intégrité n’ont pas été suffisamment inculqués dans les esprits, en cours de structuration, de la jeunesse, ce n’est pas une loi pénale qui va le faire ; et si la haine, envisagée comme l’expression d’un sentiment personnel de détestation, d’hostilité ou d’exécration très forte à l’égard de quelqu’un, peut conduire l’individu à des comportements ou des actes malveillants, voire à commettre des assassinats, c’est son apprentissage à la vie en Société qui doit lui permettre de contenir et de réfréner ses pulsions de mort.

Or aujourd’hui force est de se poser la question de comprendre pourquoi on en est arrivé à ces formes d’expressions massives et répétitives de tentatives de destruction des « moi civilisationnel » ?

Les faillites de l’éducation, de l’enseignement en sont les causes premières ; vient ensuite la mise à disposition d’outils gigantesques d’expressions, faciles d’accès pour tous les frustrés, de plus en plus incontrôlables répondant à un « business model » de la haine extrêmement rentable pour des agents économiques basés à l’étranger et enfin le laxisme récurrent maintenu en termes de répression. Comme je l’ai déjà dit et écrit l’arsenal juridique aurait été suffisant « insulte, injure, diffamation, incitation au meurtre » pour canaliser ces dérives si on avait eu les moyens et la volonté de l’exploiter mais aujourd’hui la vague est en train de nous submerger si l’on veut bien considérer que les outils, les hommes et les procédures manquent cruellement pour espérer enrayer ce nouveau fléau qu’est le cyberharcèlement, capable de pousser au suicide ou au crime ; et ce ne sont pas les perspectives du développement de 5G et du « tout connecté », avec un accès encore plus facile aux télévisions étrangères (incontrôlables) qui vont améliorer la situation !

En attendant que des systèmes de protection efficace soient mis en place si par malheur le mythe de la correction des mœurs par la censure, qui est l’apanage de tous les régimes totalitaires, pointait son nez sous la forme d’une loi Avia bis relative à la haine, mon espoir est que tous les défenseurs de la liberté d’expression se mobiliseraient vigoureusement ; car ils savent tous que les critiques violentes à l‘égard de la pensée dominante au pouvoir seraient systématiquement étouffées dans l’œuf, et pour longtemps. En conclusion il ne reste aux Pouvoirs Publics que l’exercice de leur capacité de discernement afin de mettre hors d’état de nuire, par tous les moyens à leur disposition, les factieux qui ont investi notre pays et dont il faut se débarrasser pour notre survie dans le cadre d’une guerre éminemment asymétrique.

 

Patrick VERRO

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