Tribune libre de Roger FER

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Démocratisons…

La déclaration des Droits de l’Homme ayant été complètement bafouée, il y un besoin urgent de la remettre sur les rails. On parle encore et toujours de démocratie, alors même que celle-ci a disparu depuis bien longtemps. Le problème avec la démocratie, c’est que ceux qui veulent être et rester maîtres du système n’ont pensé qu’à une seule chose : utiliser ses points faibles pour la rendre inefficace. La tactique n’est pas récente il est vrai, et déjà les auteurs de l’antiquité dénonçaient ces perversions. Il suffit aux puissants de mettre en place des personnes à leur botte, et les votes des citoyens ne seront plus que des formalités aussi ornementales qu’illusoires.

Dans nos pays occidentaux, la formule fonctionne assez bien, en tous les cas, jusqu’à présent. Les rituelles élections amènent les personnes choisies pour la cause, on en laisse passer quelques autres pour donner un semblant de démocratie, une parfaite illusion d’équilibre pour enfumer les populations. Mais quand un scrutin ne donne pas le résultat attendu, c’est la consternation dans le milieu, et la recherche systématique, soit pour contourner, soit pour annuler, ou pire encore, n’en pas tenir compte. Les exemples Outre-Manche comme ceux Outre-Atlantique sont éclairants.

Pour revenir à notre pays, il est difficile de comprendre comment ce peuple, qui a tant fait pour l’émancipation et la recherche des libertés, en soit arrivé à ce stade.

Notre constitution actuelle ne permet pas de changement. Première barrière : les partis politiques. Quiconque veut une place au soleil se doit d’appartenir à un parti politique. C’est totalement inique : comment, appartenant à un groupe qui, par nature, est un groupe d’influence, pourrait donner à la personne choisie le libre arbitre ? En clair, la personne désignée n’est pas une personne libre  puisque, choisie par le groupe, elle reste donc assujettie au dit groupe, même si, bien sûr, elle souhaite présenter sa candidature. Mais par ailleurs, quiconque adhère à un parti, adhère, par définition, aux exigences du groupe, et dès lors que cette personne se présente ou est présentée à une fonction, elle a devoir de se soumettre aux exigences partisanes.

Ce mode opératoire a fonctionné pendant des années, mais la perversion est apparue progressivement à partir du moment où les électeurs ont été amenés vers des choix complètement illogiques, pour ne pas dire, délirants. Normalement, voter pour le candidat de son choix devrait être la règle, or les évolutions ont amené un tas de candidats ne présentant plus aucune garantie, aucun attrait, aucune noble intention, aucun engagement à se présenter, et par réaction, les peuples, assez adeptes des solutions un peu simplistes, ont réagi d’une manière primaire en votant … « pour le moins pire »… Curieux, des gens qui votent contre leurs idées…

Dans un vote, ce n’est jamais binaire : on est pour, on est contre, ou, on est … rien… Si voter « blanc » ne donne pas d’élu, il n’en adoube aucun ! Voter pour le moins pire est la pire des aberrations, en effet, on cautionne le désastre, puisque l’on sait que le choix n’est pas bon. Il est certain que la propagande dirige en grande partie les choix des participants, est-ce pour autant qu’il faille subir ces influences néfastes alors qu’il est relativement facile de s’en dégager ? Peu de gens qui regardent la télévision, écoutent la radio, ou achètent un journal papier, ont le revolver sur la tempe ! Même si les choix sont réduits, ils en existent encore, et mieux, les nouvelles technologies permettent d’aller chercher ailleurs cette autre chose que le martèlement officiel nous assène sans discontinuer.

Il est vrai que les choses commencent à bouger, mais bien timidement. Beaucoup de personnes ont compris que la démocratie représentative est une vaste blague, car, à peine élu, le nouveau gagnant va subir les pressions de toutes sortes, et il est bien probable qu’il n’aura guère envie de résister, tant les « contreparties » sont alléchantes…

La raison de notre déchéance n’a pas d’autre source :  démocratie représentative + partis politiques = corruption, dévoiements, abus, tromperies, mensonges, inefficacité. Il est clair que dans ces conditions, souscrire, s’engager et croire dans un parti, est une voie assez dangereuse, pour ne pas dire sans issue. Tant que les gouvernants seront issus des partis, les choses ne pourront qu’empirer. Car il y a tout un monde entre les chefs de partis et la base, bien souvent constituée de braves et honnêtes gens. On pourrait penser que certains sont meilleurs ou moins dangereux que d’autres, et là, on retrouve le « moins pire », mais le système est ainsi fait que le degré de dangerosité est toujours là, quelles que soient les bonnes volontés des adhérents crédules. En vérité, les peuples n’en peuvent plus de ces partis tous  pervertis, et boudent sérieusement les scrutins proposés.

L’élite gouvernante l’a du reste fort bien compris lors de la dernière présidentielle, elle a choisi la personne – quelqu’un qui ne sortait pas d’un parti, afin de torpiller les autres candidats, ceux des partis justement, et comme il fallait, pour des raisons de conventions, appartenir à un parti, on l’a créé pour l’occasion, quelques jours avant les événements. Le résultat fut conforme aux espérances, la stratégie a remarquablement fonctionné.

Maintenant, ce qui est étrange, c’est que nombre de personnes n’ont rien retenu de la leçon, pourtant magistralement démontrée, et continuent de s’accrocher à leur groupe préféré. Il est quand même extraordinaire que cet entêtement soit si prégnant, si négatif. D’un côté, des électeurs qui n’en peuvent plus de la main-mise des partis, et de l’autre, des crédules qui s’accrochent à leur mythe. Il est clair que dans le contexte actuel, aucun chef de parti d’opposition n’arrivera au pouvoir, c’est impossible. Que des électeurs aient des affinités pour tel ou tel, ça se comprend, après, soutenir à tout prix ou rejeter à tout prix tel ou tel, parce que, un  jour il a dit ça, un autre jour il a fait ça, voilà un comportement qui n’amènera certainement pas au redressement souhaité,  mais plutôt à la stagnation.

La solution ne peut donc venir que du fait d’une personne totalement indépendante, totalement hors des partis politiques, et qui s’engagera  à redresser le pays. Bien sût que la majorité des gens attend ce miracle, bien sûr qu’il peut se présenter au bon moment, mais alors, pourquoi les choses traînent tant en longueur ?

Tant que les partis dits d’opposition, présenteront leur candidat, ce qui amène mécaniquement une dilution des votes, l’Homme Providentiel restera dans son coin, ne bougera pas. Car quand bien même se présenterait-il, il n’aurait aucune chance, les « inféodés » aux partis continueront, envers et contre tout, à voter pour leur idole, leur gourou, quitte à conduire le pays vers la ruine…

Si l’opposition était une « réelle opposition », si elle voulait vraiment un renouveau, un véritable changement, un salutaire redressement du pays,  tous les partis concernés, les plus grands comme les plus petits, présenteraient leur auto-dissolution, ou tout au moins, s’abstiendraient de présenter quelque candidat, et les choses pourraient évoluer. Libre de tous mouvements, de toute entrave, dégagés des contraintes et des idéologies, les électeurs pourraient voir arriver l’Homme Providentiel et le porter aux responsabilités.

Ils pourraient enfin comprendre que « l’intérêt du pays passe avant l’intérêt du parti »…

Mais ça, c’est sans compter sur l’esprit de chapelle qui est encore bien présent…

Roger FER

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