Toutes Taxes (in)Comprises…

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La taxomanie est une maladie très grave et pratiquement incurable. Toutes les personnes qui ont eu la charge de gérer les affaires du Bien Commun, ont toutes, peu ou prou, été lourdement affectées par ce terrible fléau. La chose n’est pas nouvelle, et même certains de nos monarques ont été jusqu’à brader la vaisselle du château pour ramener quelques finances dans la cagnotte nationale, laquelle est, malheureusement, systématiquement conservée dans des sacs complètement percés.

On pourrait s’étonner qu’à l’heure de grande maîtrise de la technologie, aucun spécialiste expert n’ait encore réussi à résoudre ce malheureux souci d’étanchéité, alors que dans le domaine médical, on y arrive assez bien, à croire qu’un corps humain est moins complexe qu’une finance étatique. Il est probable que tout nouvel élu qui entre dans la secte, a les meilleures intentions du monde. Mais le milieu est tellement infecté que le pauvre novice est immédiatement enivré et corrompu, et des milliers de parasites vont s’employer à lui enlever très rapidement tout souci d’analyse, de bonne gestion, de dépenses rationnelles, et le malheureux agneau si pur, censé géré notre bien, va très vite tomber dans l’orgie de la dépense insensée.

Il est vrai que dépenser l’argent des autres, c’est certainement grisant car on n’est pas directement affecté, un peu comme ces grands révolutionnaires de 89 qui tuaient allègrement, se croyant non concernés par l’étendue des crimes qu’ils ordonnaient. Certes la justice – divine ou autre, en rappela quelques-uns, tout comme elle a rappelé, plus près de nous, des porteurs de costumes acquis à prix réduit aux soldes de printemps au bon marché… La folie taxatoire a pris dans notre pays des formes absolument insensées. Si les origines de cette maladie restent assez vagues, on peut noter une certaine mise en évidence le jour où notre fournisseur national d’électricité a osé mettre de la TVA sur de la Taxe locale ! Fallait oser, ils ont osé, et les procès, qui en ont suivi, sont tous tombés dans l’oubli, probablement par « affaire classée sans suite », comme quoi, il n’y a pas que les prêtres qui distribuent généreusement l’absolution…

On retrouve d’ailleurs une similitude plus qu’appuyée dans les prix des carburants, notre état impécunieux n’éprouve aucune honte à mettre de la TVA sur les TPP, et tout un chacun, qui utilise un véhicule à pétrole, roule hybride : 40 % de carburant, 60 % de taxes… Mais comme l’hybride est à la mode, et de surcroît, complètement écolo, qui pourrait s’en plaindre ? On notera aussi, avec la plus grande décontraction, l’impôt sur la CSG non déductible sur vos revenus : logique, vous payez des impôts sur le revenu pour des revenus que vous ne percevez pas, et nos valeureux gérants osent même vous  faire payez des impôts sur vos impôts, puisque vous n’avez pas le droit de déduire de vos revenus les impôts que l’on vous a extorqué sur ledit revenu !

Hélas, cette terrible maladie est devenue épidémique, et il est à craindre que son éradication soit assez difficile à réaliser. Tout ou presque aujourd’hui est taxé, de la cabane de jardin jusqu’au modeste toit que vous avez acheté pour vous abriter, il y a un impôt ou une taxe sur tout ou presque. Mieux encore, si le peu qui en échappe au premier abord, c’est qu’il est taxé ou imposé autrement, ne serait-ce que le simple livret d’épargne, si cher aux français car, bien que n’étant pas encore taxé, il est d’un rendement bien inférieur à la dépréciation de la monnaie, tant et si bien que le capital qui y est placé perd chaque jour de sa valeur, mais il est vrai que c’est « indolore », et beaucoup d’épargnants se rassurent en voyant portés les intérêts annuels en début janvier… Un état qui n’est pas capable de gérer un budget et de le présenter en équilibre, est un état voyou. Malheureusement, en mode « administration », on crée d’abord les dépenses et après, on voit pour les recettes, c’est même le cas pour la plus petite commune. Il est clair que si les ménages géraient ainsi le leur, tous les français seraient en faillite ! Ce qui serait au final une bonne chose puisque l’état ponctionneur ne serait plus alimenté !

Bon au-delà de la caricature, la mise en demeure des dépensiers inconscients et irresponsables devient une priorité nationale urgente. Toute dépense engagée doit être le fruit d’une délibération sereine entre ceux qui la proposent et ceux qui la paient, c’est d’ailleurs un des articles de notre grande déclaration des droits de l’homme, articles dont tous nos grands dépensiers font grand état, mais dont ils ne tiennent absolument aucun compte. Un pays n’est véritablement libre qu’à partir du moment où chaque décideur, élu ou pas, peut être démis de ses fonctions et sévèrement puni pour dépassement de crédit, dépassement bien plus grave qu’un simple dépassement de vitesse qui, lui, est outrageusement taxé…

Roger FER

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