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« Passant va dire à Sparte qu’ici nous sommes morts fidèles à ses lois »

(Sépulture des Spartiates de Léonidas, au Soros)

Notre correspondante amie, Christiane Lasies, nous a livré un beau message, ou elle fait part de l’ultime nécessité du combat que nous menons, et ce faisant elle nous rappelle ce que fut un des plus haut fait d’Armes des Européens, contre l’invasion étrangère, lorsque 3oo spartiates , contre l’immense armée Perse, se firent tuer dans le défilé des Thermopyles, pour retarder l’avance ennemie, et permettre à toute la Grèce de s’unir pour le combat décisif. On conte qu’averti de ce que les flèches des archers Perses étaient si nombreuses qu’elles obscurcissaient le soleil, Le Roi Spartiate Léonidas répliqua : « Tant mieux : Nous combattrons à l’ombre » ! 

Contre l’invasion de la France , qu’a favorisé le personnel de la V ieme république, et les difficultés de notre combat, il était juste de faire la comparaison avec le sacrifice consenti par les Hoplites. Cela m’a rappelé un poème que j’écrivis lorsque j’étais Président de la Renaissance Aquitaine, sur la nécessité de tout sacrifier à la défense de la patrie, et comme Christiane, j’avais pris le combat des Thermopyles en exemple, et je pense que nous sommes nombreux , bien que ne nous connaissions que par nos échanges, d’avoir les mêmes références pour le même idéal. Voici donc les propos guerriers que j’écrivis voici quelques années.

 

Nous serons à dix contre mille,

Mais pour en avoir convenu,

Nous monterons aux Thermopyles

Quand le moment sera venu…

La boucle torve de l’histoire

Revient enserrer la cité,

Le combat de Sainte mémoire

Redevient de nécessité !

Et contre cent mille peut- être,

Les Hoplites furent Trois cents 

A refuser de nouveaux maîtres !

Compter leur semblait indécent…

Alors si compte la cohorte

Contre nous cent mille milliers,

C’est de se battre qu’il importe,

Quitte à succomber sans plier !

Car ce qui fait la joie de vivre

Réclame qu’on puisse en mourir !

C’est la seule loi qu’on doit suivre,

Et l’occasion qu’il faut saisir

Avec la foi comme défense,

Avec le cœur qu’on a dressé

La loi exige qu’on s’avance,

Serait-on seul à s’avancer…

Nous monterons vers l’échéance

Comme le firent nos aînés,

Car la grande nuit qui commence

Est grosse d’un temps nouveau-né !

La vie qui nous mit en tutelle,

Tient pour rien le trône et l’avoir,

Mais la République n’est telle,

Qu’avec l’élection des devoirs !

Et si nous cherchons un royaume,

Dont nous puissions nous garantir,

La Royauté ne se couronne

Qu’avec la notion de servir !

Nous monterons vers l’aventure

Que doit subir tout mal-aimé,

Pour affronter la guerre obscure,

Ou l’on n’est même pas nommé !

Nous ne pouvons que choisir entre

Ce que l’Esprit peut intenter,

Et ce que souhaite le ventre

Pour un peu plus se dilater,

Et sortir du troupeau qui bêle

Vers des râteliers conséquents !

C’est plus haut que nait l’immortelle

Que nul ne peut vendre à l’encan !

Les déserteurs et les transfuges

Se sont vautrés en ces bas-lieux,

Ou bien cloitrés dans des refuges

Qui leur font oublier les cieux…

Nous qui cherchons l’impérissable,

Il faut bien en payer l’ écot !

Dans les blés que l’orage accable

Va fleurir le coquelicot…

Devant la nuit le crépuscule

S’allume et saigne à l’horizon,

Et le sang fait le préambule

D’un autre jour de la saison !

Nous allons franchir l’enclosure,

Dans le feu le sang et le fer !

Le combat ou chacun s’assure,

N’est qu’un faux semblant de l’enfer !

Et sur leur front nos jeunes veuves,

Vont nouer le capulet noir !

Elles aussi sauront l’épreuve

De franchir les portes du soir !

Et pierre de lune ou de gypse,

Ce qui fut dur à nos talons,

Fait le sentier d’Apocal ypse,

Au-delà duquel nous allons !

Ainsi soit à dix contre mille,

Ou a deux fois plus s’il le faut,

Nous monterons aux Thermopyles

Pour nous accomplir sans défaut…

Bien sur, en écrivant cela avec la référence à nos jeunes veuves, j’étais dans l’espérance qu’il se lèverait en France, une génération qui serait ce que nous étions en Indochine, il y a Trois quarts de siècle ! Et j’espère toujours…

 

Alexis ARETTE

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