Selon que vous serez puissant ou misérable…

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Ce début d’année est décidément une bien triste période politique pour notre pays. En effet, nous vivons une inversion des valeurs extraordinaire autant qu’insupportable. Comment est-il possible que les honnêtes gens en soient rendus à réclamer chaque samedi de vivre du fruit de leur travail lorsque dans un même temps, des hommes peu recommandables continuent leur petite vie et leurs grands trafics en toute impunité.

Ainsi en va-t-il de M. Benalla, toujours en villégiature malgré les charges lourdes et les suspicions qui pèsent sur son parcours, malgré ses parjures sous serment devant le sénat. Quand sera-t-il puni ? Quand le Président de la république rendra-t-il compte au peuple français de son évidente implication dans les barbouzeries malodorantes de son début de mandat ?

En d’autres temps, si les dirigeants politiques n’étaient peut-être pas plus honnêtes, ils avaient au moins la décence de se retirer du jeu lorsqu’ils étaient pris la main dans le sac.

Lors du scandale de Panama en 1892, une commission d’enquête fut créée. Le ministre de l’Intérieur, Émile Loubet, démissionna.

Aux Etats-Unis, le scandale du Watergate fût une affaire d’espionnage politique qui aboutit, en 1974, à la démission de Richard Nixon, alors président.

Plus proche de nous, en Espagne en 2014, la ministre de la Santé, Ana Mato démissionne. Une décision prise suite à l’inculpation de son ex-époux dans une affaire de corruption.

En France, rien ne semble atteindre l’oligarchie. Bien au contraire, on se complimente, on s’offre de nouveaux privilèges et de nouvelles places dorées.

Avant hier, petits arrangements entre amis, Richard Ferrand, président de l’Assemblée Nationale, propose qu’Alain Juppé siège au Conseil constitutionnel. Quelques minutes après la diffusion du communiqué, Alain Juppé a fait savoir qu’il acceptait l’offre à 6400 euros par mois.

On nous demanderait presque de le remercier d’avoir accepté !

Dans quel pays vit-on pour nommer un repris de justice au Conseil Constitutionnel, institution chargée de veiller à la régularité des élections et de se prononcer sur la conformité à la Constitution des lois et de certains règlements ?

Faut-il rappeler qu’en 2004, il fût contraint de quitter la vie politique, la cour d’appel de Versailles l’ayant condamné à 14 mois de prison avec sursis et à un an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêts dans le cadre de l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris.

Décidément, dans cette république finissante, La Fontaine pourrait réécrire sa fameuse fable « les animaux malades de la peste » et son texte serait malheureusement toujours d’actualité : « Selon que vous serez puissant ou misérable,  les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

 

Gérard

 

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