Retour de flammes

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Alors que les flammes de la toiture de Notre-Dame sont à peine maîtrisées, les flammes de la polémique ont jailli avec tout autant de vigueur… Il ne faut bien sûr pas s’en étonner, tant tout semble louche dans cette affaire.

Le premier point qui mérite notre attention est assurément le caractère strictement officiel de l’accident fortuit, l’acte criminel étant d’ores et déjà écarté, avant toute investigation, toute enquête, toute réflexion. Que l’on voudrait nous cacher des choses, on ne s’y prendrait pas autrement. Et quiconque émet un doute sur la thèse officielle est voué aux pires sarcasmes, et sera bientôt fouetté en place publique…

Le caractère accidentel est retenu et obligatoire, la thèse du court-circuit ouvertement adoubée, inutile et dangereux de penser autrement, pas question de s’interroger sur le départ de feu. Et pourtant… Toutes les personnes travaillant en entreprise et qui ont eu la chance de participer à un exercice incendie, ont appris le « triangle du feu ».

Pour que feu existe, il faut 3 éléments : 1 – carburant, 2 – comburant, 3 – élévation de température. Seul le troisième élément est ici inconnu, on est donc en droit  de se poser des questions, même les mauvaises. La cause « court-circuit » est généralement avancée, ce qui permet de dire quelque chose quand on ne sait rien. Sans faire un cours d’électricité, disons qu’un court-circuit, comme son nom l’indique, est une anomalie qui augmente d’une manière très importante le débit de courant électrique dans un conducteur, or, tous les utilisations de l’électricité sont protégées de ce genre de souci par des disjoncteurs, qui font leur office, dès que le phénomène apparaît, il en résulte que le courant est très rapidement interrompu, et donc, vu la brièveté du défaut, l’élévation de température occasionnée est excessivement limitée, et par conséquent, l’évolution vers un départ de feu est quasi inexistante.

Il en va tout autrement pour les raccords entre conducteurs, et là, si un raccord est défectueux, il n’y a pas de court-circuit mais une augmentation de résistance, et donc, et très rapidement, de température, ce qui peut amener l’incendie. Cependant, il semble que la charpente n’était absolument pas parcourue par des câbles électriques, donc, on ne voit pas trop comment il y aurait eu ce processus. Quant aux capteurs, nombreux paraît-il dans cette partie, ils sont parcourus par ce que l’on appelle des « courants faibles », et donc, dans l’incapacité totale de provoquer quelque dégât que ce soit.

Ça, c’est le côté technique, l’enquête démontrera (ou pas), si il y avait d’autres éléments, mais pour l’instant, on ne voit guère de sens à la version officielle du « court-circuit-passe-partout » et bien pratique.

Une autre chose aussi est soigneusement tenue à l’écart, c’est la possibilité, compte-tenu des échafaudages, de permettre assez facilement l’accès en hauteur, il semble que tous les ouvriers qui ont un jour travaillé sur l’édifice le soulignent régulièrement, et naturellement, on n’en tient pas compte, pas plus qu’on a tenu compte des rapports alarmants précédents, qui ont été établis et communiqués aux autorités (classés défense paraît-il). Par ailleurs, quiconque rappelle que les incendies d’églises sont devenus une coutume régulièrement exprimée et chaleureusement entretenue, se voit rangé au ban des complotistes…

Le pire est aussi à craindre du côté restauration : va-t-on « brader » le travail au fallacieux prétexte que tout doit être prêt pour les prochaines folies sportives programmées ? Craindre le pire aussi à propos des critères et des personnes retenues pour mener à bien cette restauration « plus belle et plus moderne » ? On risque fort de se retrouver avec un truc hideux, sans continuité ni parenté avec l’ancien, conçu par des farfelus qui veulent « laisser leur patte » et peut-être même, « plaire au roi », histoire d’encaisser un « dépassement d’honoraires » assez alléchant…

Craignons encore le pire avec l’argent si généreusement et spontanément récolté… L’argent des riches est très mal vu, qu’ils n’en eussent point donné, ils auraient aussi été critiqués, bigre, l’essentiel n’est-il pas que la restauration ne soit pas entravée par un problème financier ?

Maintenant, comme c’est l’état qui collecte, et comme on connaît les capacités de nos dirigeants aux pires gaspillages, et aux mauvaises décisions, il n’est pas certain que ce joyau de notre culture retrouve un jour une beauté seyante et de bon aloi, il suffit de voir toutes les horreurs que l’état subventionne pour douter sérieusement du résultat.

Si les citoyens n’arrivent pas à changer les équipes en place dont la médiocrité n’est plus à démontrer, on peut légitiment se faire du souci sur l’avenir et l’esthétique de Notre-Dame…

 

Roger FER

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