Racisme aux États Unis ? Mise au point

Le partage est disponible

Black Lives Matter … ou pas.

Avez-vous entendu parler de David Dorn ?

David Dorn était un policier noir. Il avait atteint le grade de Capitaine. Il était à la retraite – 77 ans – et il vient d’être tué par ceux qui protestent en ce moment dans les rues. Il essayait de défendre un magasin. Curieusement, personne ne parle de lui, et certainement pas Black Lives Matter.

David Dorn était pourtant noir. Il est mort injustement et violemment. Apparemment ce n’est pas suffisant pour Black Lives Matter. Il n’a pas été tué par la police. Il n’a pas été tué par un blanc.

La situation telle qu’elle est décrite par une large part de la presse est la suivante. Suite à une bavure policière, un homme noir, George Floyd, a été tué. Sa mort a poussé les noirs américains à la rue pour protester contre le racisme et la violence policière systémiques. La violence et l’injustice appellent une autre violence – contre les blancs privilégiés cette fois – dans l’espoir d’apporter un peu de justice dans cette société américaine violente et injuste.

Autrement dit, tout est noir ou tout est blanc, c’est le cas de le dire, et cette polarisation amène les gens à “penser” avec leurs émotions. Or comme toute situation, les évènements sont un peu plus subtils que cela.

Tout d’abord, la police américaine est armée et ne prend pas des gants. Tout le monde sait cela, même les Français, et a fortiori les criminels aussi. Les Américains savent très bien que s’ils courent pour résister à une arrestation, ils risquent de se retrouver avec 30 balles dans la peau. Ils savent très bien que s’ils crachent sur un policier ou essaient de le taper, ils peuvent se retrouver K-O. Etre un criminel, blanc ou noir, c’est courir ce risque.

Il faut savoir aussi la chose suivante, car il n’est pas interdit aux États-Unis de compter les statistiques sur base raciale:

Un criminel blanc violent a 25% de chances de plus de se faire tuer qu’un criminel noir.

Cette année, 9 noirs ont été tués par des policiers, contre 19 blancs qui ont été tués.

Peu importe que 60% de la population américaine soit blanche, et 13% soit noire.

Nous savons que certains policiers ne se comportent pas correctement. Certains font sentir leur puissance dans des situations qui pourraient se résoudre courtoisement. Que le policier soit blanc ou noir, ou hispanique, français ou américain, donnez un peu de pouvoir a un être humain: si son caractère est faible, il va chercher à vous faire sentir sa supériorité. Il y a des policiers stupides partout dans le monde. Il y a aussi des médecins criminels, des infirmières qui donnent la mort, des ripoux, des voleurs en col blanc qui mettent des gens à la rue. On trouve aussi de vrais héros dans chacune de ces catégories.

Je n’excuse en rien l’action de ce policier qui a étouffé George Floyd. Il mérite d’être jugé et condamné pour son action. Ce policier a été arrêté et fait maintenant face à la justice pour meurtre. Ceci devrait être la fin de l’histoire.

Pourquoi cela est-il représenté dans la presse comme un crime racial typique, du méchant blanc suprématiste contre le gentil noir ? Il s’agit d’une bavure policière qui aurait pu – et est d’ailleurs arrivée aussi plusieurs fois – à des blancs criminels.

Passons à George Floyd.

Depuis quelques années, cela devient la mode, aussi bien aux Etats-Unis qu’en France, de présenter les morts comme des victimes innocentes, quand on sait très bien que ces “victimes” étaient des criminels de la pire espèce.
Les anti-héros deviennent des héros.

George Floyd n’était pas un innocent. Il était récidiviste, a commis des vols à main armée, il a fait de la prison, et a pris des drogues.

Il a fait 10 mois de prison pour vol à main armée en 1998.

Puis 8 mois de prison en 2002 pour s’être introduit chez quelqu’un.

Il a fait 10 autres mois de prison en 2004 pour possession de cocaïne.

Autre possession de cocaïne en 2005, qui lui valent 10 autres mois de prison.

Enfin il a été condamné à 5 ans de prison en 2007 pour vol à main armée contre une femme enceinte – une femme noire d’ailleurs, qui ne doit pas être très heureuse que son assaillant soit ainsi glorifié. Il a pointé son pistolet sur le ventre arrondi d’une future maman.

Le jour de son arrestation, il était sous influence de drogues et avait de la cocaïne sur lui. Cet homme a déjà eu sa seconde chance dans la vie (et même sa troisième, sa quatrième et sa cinquième), mais il a continué sur la même pente.

Sa mort n’est pas seulement due au traitement peu tendre (et habituel, répétons-le) de la police, mais aussi à sa mauvaise santé et à ses mauvais choix. Il n’était pas un martyre, mais un criminel victime d’une bavure policière.

Beaucoup de noirs américains comprennent cela et se révoltent eux-mêmes contre le narratif des médias. Candace Owens en est la voix la plus forte, mais beaucoup de noirs à sa suite, et sans concertation, se sont révoltés récemment contre la mode des martyrisés de leurs pires criminels. Ce ne sont pourtant pas les modèles qui leur manquent, et Martin Luther King n’en est pas le moindre. Ils n’ont pas besoin de glorifier la lie de leur culture quand ils ont de grandes figures comme Dorothy Heights, Diane Nash, Rosa Parks ou Malcolm X. Ou tout simplement cet homme, David Dorn, qui a mené une vie de citoyen exemplaire, est mort comme un héros, mais dont personne ne parle.

L’histoire telle qu’elle est présentée convient en fait parfaitement à une année d’élection. Chacun essaie de courtiser le vote noir, démocrates comme républicains. De Joe Biden, qui déclare que si les noirs ne votent pas pour lui, c’est qu’ils ne sont pas noirs, à Donald Trump, qui se vante d’en avoir fait plus pour la communauté noire en 3 ans que Biden en 30 ans de service public. 13% de la population, c’est n’est pas rien, et les élections vont s’en ressentir.

N’oublions pas au passage le gouverneur démocrate de NY, Cuomo, qui fut présenté comme un héros du Coronavirus malgré la mort de ces malheureux vieux en maison de retraite, et qui fait la leçon au président en lui rappelant: “Mais qui a dit que les protestations devaient se faire dans l’ordre et la paix ?”. Autrement dit, il trouve cela normal que sa ville soit à feu et à sang – peu importe que New York, ses quartiers touristiques, la 5ème avenue, ses commerces, soient détruits en quelques nuits, après 3 mois de confinement mortel aussi bien pour la population que pour l’économie. Le gouverneur de NY trouve plus important que Trump soit défait aux élections que de sauver sa ville du chaos et de l’anarchie.

Qu’en est-il du politiquement correct ? Qui le représente ? Ces mêmes compagnies qui se font piller en ce moment-même : Rolex, Vuitton, Nike et toute l’industrie de ce qui coûte trop cher pour la populace, tout le luxe d’Hollywood, toutes ces compagnies ou ces gens, qui ont sans doute le complexe du riche en face du pauvre dans une société socialiste. Leurs stocks et leurs stores se sont fait piller par ceux-là mêmes dont ils ont payé le bail pour leur éviter l’injustice de la prison. C’est ironique et ce serait presque drôle si le petit peuple travailleur, celui des employés honnêtes, n’était pas celui qui paiera, en fin de compte, en se faisant renvoyer pour raisons économiques.

Parlons de Black Lives Matter plus en détails. Combien de petits jeunes blancs de gauche font partie de ce mouvement ? BLM a été noyaute très tôt par la gauche et les Antifa. Beaucoup de vidéos ou de commentaires circulent de ces gens qui encouragent les voleurs, les incendiaires, et la violence en général. Beaucoup parlent d’injustice sociale et de faire la révolution pour corriger le système.

Mais parmi ce groupe Black Lives Matter, combien parlent des 40 noirs qui sont morts lors de Memorial weekend il y a deux semaines à Chicago? Ils sont tous morts de la main de noirs. En fait, le tout premier facteur de la mort de noirs aux Etats-Unis sont…les noirs.

Entre pauvreté, gangs, achats d’armes illégales et de drogues, beaucoup de jeunes noirs ne terminent pas l’école, beaucoup d’hommes abandonnent femmes et enfants, et font les gros bras dans les rues de Chicago en particulier – la ville de Nancy Pelosi (encore une démocrate). De la main des démocrates, qui scellent ainsi le sort des femmes seules et de l’éclatement du noyau familial, les familles reçoivent plus d’aides sociales quand il y a divorce que quand la famille est unie.

Est-ce que le mouvement des Black Lives Matter défile dans ces quartiers dangereux ? Sont-ils à Brooklyn ou dans le Bronx ? Non. Soudainement, ils sont silencieux. Ils n’ont pas pipé un mot le jour où ces 40 noirs sont morts à Chicago, en deux jours.

Ils n’ont pas pris la parole non plus quand des quartiers entiers de noirs ont été brulés et pillés, par eux-mêmes. Une femme noire pleurait – sur certaines chaines, pas toutes – parce que l’unique supermarché de son quartier était parti en fumée et qu’elle ne savait pas où elle allait pouvoir faire ses courses. Le prochain supermarché est à des miles de chez elle. Qu’en est-il de ces logements sociaux qui ont été brulés ? Où donc ces familles mises à la rue vont-elles dormir ? Leurs vies ne comptent pas pour Black Lives Matter. Cette femme noire peut continuer à pleurer et devra désormais prendre le bus pendant des heures…

Heureusement, des noirs se sont insurgés: ils ont vu que certains membres cagoulés encourageaient les jeunes noirs de moins de 18 ans qui protestaient ces derniers jours à prendre des briques pour les jeter. Je répète: des membres cagoulés dans le genre des Antifa, mettaient des briques dans les mains de mineurs noirs, en les encourageant à les lancer sur les devantures de magasins.

Une femme s’est insurgée de voir deux blanches tagger un Starbucks, et leur a demandé d’arrêter car cela allait faire accuser les noirs de vandalisme. On peut voir les deux jeunes femmes hausser les épaules pendant que cette femme noire s’indigne furieusement en vain.

Black Lives Matter est un mouvement noyauté et politique, le bras – gauche – du discours démocrate sur l’injustice sociale, le don d’allocations, le socialisme par excellence. Leur propagande veut démontrer l’impossibilité du noir de se sortir seul d’une situation injuste par l’éducation, le travail et la responsabilité. A la place, ils avancent la nécessité de la violence pour régler les problèmes multiples et souvent spécifiques aux noirs-américains.

Oui, certains noirs en ont profité pour voler et casser, mais la population noire est très divisée, et à bout de patience contre elle-même. Beaucoup ont pris la parole ces derniers jours pour demander à défiler en paix, sans casseurs. Certains ont déclaré fièrement ne pas se sentir discriminés au sein de la société américaine et se sentir libres de leurs choix. Certains se sont désolidarisés de George Floyd – tout en demandant justice pour la violence policière. Les noirs américains ne font pas tout un bloc. En face de Black Lives Matter, certains choisissent de suivre le mouvement Blexit – black exit – ils refusent la pensée victimaire et les allocations des systèmes socialistes et vont voter pour Trump en Novembre. Ce mouvement a pris beaucoup d’ampleur, et cette dernière crise va encore diviser la société noire aux Etats-Unis.

Chez les noirs américains, on trouve ceux qui choisissent la victimisation des démocrates et ne parlent qu’esclavagisme, injustice sociale, racisme; et a contrario on trouve ceux qui accusent les démocrates d’avoir refusé de voter pour la liberté des esclaves en perpétuant le mouvement du KKK dans les années 60.

De plus en plus disent qu’il faut devenir des adultes responsables, arrêter de casser, de voler, et commencer à obtenir des diplômes. Pour eux, les aides sociales ne servent qu’à entretenir l’esclavage moderne du noir, avec un état d’esprit dépendant de l’état providence et un refus de voir que les mauvais choix dans la vie ont des conséquences. Georges Floyd serait-il mort s’il avait appris de ses premières fautes et s’était arrêté?

Ce qui est certain, c’est que parmi les noirs américains, il y en a qui sont d’abord américains, avant d’être noirs, et ceux qui sont noirs avant d’être américains. Il y a une division profonde chez eux au point qu’ils s’insultent entre eux.

Autant le racisme blanc-noir, même s’il existe, est largement exagéré pour des raisons politiques, autant la division noirs-américains et américains-noirs est largement ignorée.

Si cette histoire était réellement une question de racisme contre les noirs, non seulement les noirs feraient bloc, mais on parlerait un peu plus de la situation critique sociale de certains quartiers, de la situation des enfants qui ne terminent pas l’école, des familles éclatées, ou du pourcentage de noirs responsables du meurtre de noirs.

A la fin, All Lives Should Matter.

 

Nadia CHAUVET

Correspondante VPF / New York

Comments: 41

Laisser un commentaire