Qui décapitera l’hydre ?

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Audiard dans un de ses dialogues disait « C’est pas parce que l’on à rien à dire, qu’il faut fermer sa gueule ! ». Il semble que nos gouvernants aient pris cette boutade pour règle pratique.

Depuis quelques mois, depuis qu’en avance sur les saisons, des parterres de fleurs jaunes se multiplient, inlassablement, envahissant nos ronds points et nos villes avec plus ou moins de bonheur on n’entend plus dans la bouche de nos gouvernants que les mots de : dialogue, débat grands ou petits…En fait de dialogue, qui, en principe se fait à deux, nous entendons toujours le même individu, qui nous rabâche imperturbablement qu’il entend bien les critiques, les besoins, les aspirations du peuple, mais que quoi qu’il en soit il ne changera ni de cap, ni d’allure…. ?! Si nos médias « mainstream » avaient écouté les cours de français, ils auraient du relever qu’un orateur qui s’exprime seul en scène ( le monde politique n’est qu’une scène de théâtre pour bateleurs ), fait un monologue et non un dialogue. C’est la magie de la dialectique qui est, entre autre, l’art de modifier le sens des mots pour mieux brouiller les pistes.

Les journalistes dans le vent ont il y a quelques années découvert le mot « empathie » : dans le vocabulaire médical des psychologues, « être en empathie » avec un patient, c’est le fait d’entrer dans le mental du malade pour pouvoir appréhender la conception de ses phantasmes, sa perception du monde extérieur et remédier aux désordres causés par sa pathologie. De ce mot, ils n’ont retenu que la sonorité : empathie – sympathie, les mots sont presque identiques et ont rapport à un ressenti, de plus empathie fait beaucoup plus technique, scientifique que sympathie (sympa, sympathique ça fait peuple… !) et depuis, cette élite distinguée « à de l’empathie » pour tous les malheurs du monde… 

Jupiterne l’a décidé l’heure est aux débats ! Grands pour la politique, petit pour savoir comment on va restaurer Notre dame de Paris. Mais là encore, de qui se moque-t-on ? De quoi allons-nous débattre ? Les pistes proposées ne sont que leurres pour égarer le populaire, lui planter devant le nez l’arbre qui cache la forêt, ou disperser son attention sur des sujets secondaires loin des problèmes de fond.

Les personnes sensées et responsables savent pertinemment qu’on ne peut bien longtemps dépenser plus que l’on ne gagne : cela mène à la faillite ! Pourtant, depuis un certain Giscard, pourtant polytechnicien et énarque, tous les politicards – de tous bords – ont oublié, ou méconnus cette vérité essentielle. Les raisons de ce comportement récurent se trouvent probablement dans la personnalité des hommes qui se sont succédés au pouvoir : à la différence de Coty, de Gaulle, Pompidou, leurs successeurs se sont tous servis du pouvoir pour assouvir leurs ambitions et leur fortune personnelle. Pour tous ces individus les intérêts de la France et des français passent loin derrière leurs intérêts propres et immédiats. La politique n’est plus une vocation, née de l’amour d’un pays et d’un peuple, auquel on souhaite de toutes ses forces et en toute abnégation assurer le bonheur et la prospérité, mais est devenu un moyen rapide et peu fatiguant d’assouvir toutes les soifs de pouvoir, de fortune, voire d’impunité de ses comportements. Dans tous ces individus qui se pressent sur les listes électorales, combien sont réellement sincères ? Combien tiendrons fidèlement leurs promesses ? Combien sont intellectuellement libres de touts réseaux, de toute copinerie ou coterie ? Combien sont capables de s’opposer aux partis et d’imposer la vérité aux « médias mainstream » lorsqu’ils vont dans un sens contraire à l’intérêt de la Nation ? Combien auront assez de charisme pour rester sourds aux sirènes étrangères, ne se préoccupant, exclusivement, que des seuls intérêts de la France ?

Ce qui est gravissime pour notre classe politique actuelle et se confirme dans ceux qui se lancent en politique, c’est qu’ils n’ont aucune expérience de la vie pratique, de la gestion d’une entreprise, petite ou grande. Le monde politique actuel a renoué avec la tradition des cours du grand siècle : il vit dans un monde clos, séparé de celui du peuple. Ces personnes n’ont jamais ou très rarement exercé de responsabilités réelles dans le monde pratique du commerce et de l’industrie, quant à parler de l’agriculture, combien savent qu’une vache doit avoir un veau pour donner du lait ?

Sérieusement, faut-il un débat, pour comprendre que l’État, depuis des lustres, dépense l’argent qu’il n’a pas, recourant à l’emprunt comme faisaient les rois. Est-il difficile de comprendre que le rôle de l’État n’est pas de remplacer la providence, de confisquer les richesses produites par une minorité pour la redistribuer de manière arbitraire à sa « clientèle ». L’État n’a pas vocation à s’occuper de tout et ne doit assurer que ses misions régaliennes : défendre le territoire, protéger les citoyens et les biens, rendre la justice,, assurer la libre circulation des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire, assurer l’accès aux soins médicaux de ses ressortissants, entretenir le patrimoine historique dont il a la charge. Pour cela il est normal qu’il prélève un impôt juste et proportionnel sur les richesses produites.

L’État doit donc réduire son train de vie en allégeant le nombre des représentations, des conseils et corollairement celui des élus et des fonctionnaires qui font doublons. Il lui appartient de revoir drastiquement l’échelle des salaires de la fonction publique, notamment en proportions des responsabilités effectives de chacun :Il est anormal qu’une infirmière diplômée gagne moins et travaille plus qu’un chefaillon de l’administration, et je ne parle pas des responsabilités morales, civiles et pénales…

L’expérience et l’histoire nous ont montré à de multiples reprises qu’on achetait pas l’intégrité des élus par une forte rémunération, mais par des sanctions drastiques civiles et pénales en cas de défaillance : toute condamnation en correctionnelle devrait entraîner inéligibilité à vie, de même que les défaillances en cours de mandat devraient entraîner la saisie des biens en plus du pénal.

Pour éviter la « république des copains » il est souhaitable que l’État cesse de subventionner les partis politiques et les syndicats qui ne doivent vivre que des cotisations des adhérents qu’ils représentent, Il doit en être de même avec les médias et les associations d’utilité publique : si ils ont une réelle utilité les uns doivent être en mesure de passionner leurs lecteurs qui ne manqueront pas de les acheter, pour les autres leur utilité et leur nécessité doit apparaître telles qu’elles voient affluer les dons selon l’intérêt des causes défendues et ce sera les utilisateurs qui en seront juges, pas un copain ou un affidé.

La question pressante reste de savoir qui aura le courage, comme Hercule de nettoyer les écuries d’Augias, et décapiter l’hydre de Lerne … ?

Michel ROGER – VPF Ile de France

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