Québec : Attention ! Danger !

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Pas toujours facile de définir un pays, une nation, un peuple surtout quand de nombreux écrivains, philosophes, romanciers voire hommes politiques l’ont fait avant vous. La tentation serait de les copier. Mais les temps changent si vite. Après vingt années à vivre avec eux, je vais donc m’y risquer.

A-Leurs combats

Il n’y en a pas trente-six. Ils sont au nombre de deux. Les plus importants, les plus vitaux, les plus actuels. Il s’agit de la laïcité et de la défense de la langue française.

Le premier : la laïcité

Il n’est pas question de rejeter les religions ni de poursuivre les croyants. Le souhait est de ne pas mélanger la politique, la vie civile et la religion. Le Québec, enfermé pendant de longues années dans les principes de la religion catholique a su s’en détacher dans les années 1970 au prix de grands combats comme la France a su le faire de 1901à1905.

Le gouvernement actuel, devant la recrudescence de certaines attaques religieuses (et principalement islamiques) pour prendre le pouvoir dans la société civile, a fait adopter par l’Assemblée nationale du Québec le 16 juin 2019, la loi dite loi 21.

Cette loi 21 stipule que l’Etat du Québec est laïque et interdit le port des signes religieux aux employés de l’Etat en position d’autorité coercitive (comme les enseignants par exemple). Elle repose sur quatre grands principes : la séparation de l’Etat et des religions, la neutralité religieuse de l’Etat, l’égalité de tous les citoyens et citoyennes et enfin la liberté de conscience et de religions.

Pourtant les adeptes du voile islamique ont encore récemment, par l’intermédiaire des femmes (manipulées ou non), déposé des recours pour mettre à mal cette loi récente. Le combat reste donc d’actualité.

 

Le second : la défense de la langue française.

La pratique d’une langue ancestrale, c’est la survie d’une nation, de sa culture, de ses traditions. Perdre sa langue c’est se soumettre à d’autres, c’est perdre son âme, renier son histoire, oblitérer l’avenir de ses enfants. Et les Québécois l’ont bien compris.

En 1969, le Canada est officiellement déclaré pays bilingue. Ce n’est qu’en 1977, pourtant, et après de multiples batailles, que sera adoptée la Charte de la langue française au Québec dite loi 101 qui en plus de confirmer le français comme seule langue officielle au Québec (loi 22 en 1974) l’imposera dans toutes les écoles. Mais les revendications ne se sont pas apaisées pour autant et le combat pour la préservation de cette langue reste toujours d’actualité.

Ces deux combats, toujours vifs, sont à mener de front sans ordre de préséance.

B- Les attitudes d’un peuple

Le Premier ministre du Québec, François Legault a défini, la semaine dernière, le peuple québécois comme « un peuple accueillant et pacifique ». Vu de l’extérieur, est-ce une réalité ?

Si la première partie de la citation est réelle, la deuxième partie, quant à elle, est possiblement dangereuse.

Un peuple accueillant ?

« C’est la vérité vraie ! » comme diraient mes frères pieds-noirs. En émigrant au Québec, en 2003, je me suis bien senti parmi les québécois dès les premières cinq minutes, sans appréhension, ni angoisse. Seul un parfum d’exotisme flottait dans l’air comme pour toute nouvelle aventure humaine. L’architecture, les paysages, la nourriture étaient différents. Leur bienveillance bien supérieure à celle des Français. Au fil des jours, ma perception s’est modifiée. J’ai compris, malgré notre histoire commune, qu’ils étaient avant tout des Américains du nord parlant français. Nous n’avions pas le même caractère, ni la même vision du monde. Mais ils sont restés toujours aussi bienveillants et accueillants.

 

Un peuple pacifique ?

En étudiant leur histoire au cours des XX et XXIème siècles, on ne met pas en doute cette capacité à vouloir ne pas déranger ou blesser quiconque.

Leur vocabulaire s’en est même fait écho. Ils aiment parler de leur « révolution tranquille », cette révolution aux réformes politique, culturelle, économique et sociale qui commencera au début des années 1960 pour qu’ils deviennent Maîtres chez eux. Pourtant les vraies révolutions se font toujours dans le sang. Mais le peuple québécois n’a pas voulu suivi le mouvement clandestin (Front de libération du Québec -1963) qui souhaitait apporter l’indépendance au Québec en utilisant la violence.

Puis dans les années 2007 et 2008 naîtra la commission de consultation sur les pratiques d’accommodements aux différences culturelles. L’expression « les accommodements raisonnables » (que je nommerais plutôt compromis irraisonnables) vont alors emprisonner les québécois dans une idéologie tiédasse. Cette attitude que certains préconisent bienheureuse dans un homme humaniste ne serait-elle pas aujourd’hui un handicap face « aux invasions religieuses d’un autre temps » ? Les Québécois devront probablement remonter au créneau pour continuer à défendre leurs valeurs sans avoir peur des confrontations brutales dont ils ont, pourtant, horreur.

En résumé

Le monde devient plus machiavélique que jamais et le Québec de par ses attitudes actuelles, sa politique d’immigration provinciale et celle à tout va prônée par le fédéral, pourrait perdre de son identité. Nous savons, aujourd’hui, qu’il n’y a pas de place pour les faibles, hormis la soumission. Avant même d’avoir réussi à obtenir son indépendance – malgré deux référendums-1980 et 1995 – le Québec deviendrait, dans les toutes prochaines années, le maillon faible de l’Amérique du Nord. Ses adversaires qui ne veulent pas de sa culture, de ses traditions, de sa langue tout simplement pour instaurer la leur, l’ont fort bien compris. Ils pourraient, avec l’appui d’un gouvernement libéral canadien dirigé par Justin Trudeau et d’un gauchisme américain si proche qui pourrit les universités, accentuer « leurs invasions barbares ». Ils sont déjà à pied d’œuvre.

A moins que, à moins que …………grâce à leur caractère bien trempé, leur pratique du survivalisme, leur amour pour leur territoire, la chasse et les armes ainsi que leur connaissance approfondie des sentiers forestiers et des chemins d’eau reliant leurs lacs, les québécois des régions puissent devenir l’épine dorsale d’une véritable Résistance contre l’envahisseur. Ils éviteront ainsi que leur bienveillance légendaire et leur attitude pacifique, si gentiment mis en lumière aujourd’hui, se transforment en cauchemar humanitaire et « en dhimmitude » pour leurs enfants. Ils ont su démontrer jadis leur caractère patriote qui, au fond de leur cœur, peut se réveiller d’un moment à l’autre. Méfions-nous de l’eau qui dort !

Et pour éviter les pièges grossiers de l’endormissement intellectuel, le peuple québécois devra rechercher et nouer des alliances avec les patriotes d’autres pays, vétérans de ces batailles de l’ombre.

Parce que voyez-vous, la survie pour la Démocratie ne se jouera pas en Europe, en Syrie, en Afghanistan, au Mali, en Irak, au Soudan, au Liban, ou dans quelques autres territoires extérieurs (bien pratiques pour essayer ses nouvelles armes ou nouvelles tactiques guerrières), mais bien……….en Amérique du Nord et le Québec devra faire sa part.

Alors, il faut s’y préparer ! Car la victoire supposée du nouveau Président des Etats-Unis, Joe Biden ne pourra qu’aggraver la situation.

 

Patrice Sautereau du Part – novembre 2020

Correspondant Québec- Canada

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