PMA, GPA, et autres fantasmes…

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A PROPOS DE LA PROCREATION MEDICALEMENT ASSISTEE ET DE LA GESTATION POUR AUTRUI ET DU FANTASME DELIRANT D’AUTO-ENGENDREMENT QU’IL REVELE

Les questions de la procréation médicalement assistée ou PMA, à l’exception des cas d’infertilité d’un couple désirant un enfant pour fonder une famille, mais également de la gestation pour autrui ou GPA, ne ragardent pas le pouvoir politique lorsque celui s’immisce dans l’organisation et le fonctionnement des rapports entre les hommes et les femmes à des fins uniquement de manipulations ideologiques et déléteres car il ne s’appuie pas sur des faits épistémologiques et réellement bons pour nos compatriotes que seuls révèlent l’etude du processus de développement sain de tout enfant d’homme, de tout infans c’est à dire de celui ou de celle qui ne parle pas.

Accepter d’introduire cette question dans un comité d’ethique qui déplace son objet médical et psychologique sur un fantasme délirant de parthénogénèse est une une démission et une manipulation.

Nous pourrions dire que avons plutôt à faire à un comité d’étique.

Car, un enfant est toujours le produit du corps de la mère et de ses affects après que la semence du père ait fécondé la gamète féminine, ce qui fait que la position originaire de tout être humain est organisée autour de l’image, de l’imaginaire, c’est à dire de la relation duelle, dans laquelle se trouve la majorité des humains, sachant que cela peut durer toute une vie car s’élever au niveau symbolique, qui est l’instance tierce phallique, demande un effort que le processus de métaphore paternelle comporte et dont est chargé la fonction du père sup( sub = en dessous )porté et encouragé par le désir de la mère à son endroit si cette dernière oriente son désir vers celui ci, le reconnaît et le respecte.

C’est pourquoi un être humain est toujours le produit du corps de sa mère qui l’enfante et de la parole de son père qui l’engendre, et le signifiant phallique de la métaphore paternelle n’a qu’une seule fonction qui est de symboliser la différence des sexes qui est irréductible.
Le rapport au phallus qui n’est que le signifiant du désir et l’éprouvé de complétude pour la fille comme pour le garçon, parce que la femme est autant détentrice du phallus que l’homme du fait que le phallus se présente de façon différente pour l’un et l’autre sexe, puisque pour l’homme, porteur du pénis, il relève du « tout ou rien » c’est à dire de l’érection et de la détumescence pour prendre cette image, alors que chez la femme qui n’y est « pas toute » dans la fonction phallique, elle n’y a rien à y perdre car elle n’y a pas de limites.

La seule égalité dans ce petit commerce équitable c’est uniquement la jouissance qui ne se mesure pas.

Pour préciser les choses du point de vue anatomique et selon le désir, on peut dire que, si les deux sexes ont le phallus, l’un avec le pénis et l’autre avec le clitoris, nul ne peut l’avoir psychiquement sans le désir de l’autre et chacun peut aussi le perdre.

Revenons à la métaphore paternelle qui est l’opération symbolique, dans le cadre d’un couple familial, au cours de laquelle l’enfant va devoir substituer au signifiant du désir de la mère ( la mère qui est complétée et totalisée par son enfant ) le signifiant du Nom du Père, si la mère le désire, et qui doit être convoqué dans le discours maternel et référé à son existence de tiers paternel marqué dans sa différence sexuelle pour que sa fonction soit structurante :

Le solde de cette opération n’est pas autre chose que l’avènement de l’ordre symbolique.

Cette opération qui passe par une opération de limite et de coupure, qui va faire barrage aux processus psychopathologiques, peut aussi représenter une préoccupation pour le père et sa fonction à l’égard de son enfant car si l’obstacle à cette opération produit une souffrance chez le père ( on a vu des pères monter sur des tours et d’autres monter dans les tours dans le cadre de décisions de magistrats des affaires familiales écoutant des avocats sophistes et incompétents ), son échec va entraîner des conséquences délétères pour le développement de l’enfant et un dommage pour la société (que les politiques qui ne cherchent que le pouvoir ignorent totalement )

Ces processus de production psychopathologique peuvent trouver leur illustration avec la question de la multitude des pères ou avec l’absence d’origine du père incarné, car, le père incarné fixe l’enfant dans un modèle et une lignée, face à la multitude qui renvoie au géniteur le plus fort comme chez les animaux ( pensez à une portée animale ) ou à son absence, ce qui renvoie au manque radical dont nous pouvons voir le résultat social dans la délinquance, dans nos tribunaux et dans les hopitaux psychiatriques.

Par ailleurs, produit du corps de sa mère c’est à dire de ses affects, l’enfant partage pendant longtemps le discours maternel support de ses affects dont il lui faut s’affranchir par l’intervention médiatrice de la coupure paternelle pour arriver à produire une parole plus personnelle et s’autonomiser.

C’est la raison pour laquelle la fonction maternelle n’est pas et ne sera jamais dans une » équivalence symétriquement substitutive à la fonction paternelle » car en l’absence de métaphore paternelle une telle équivalence ou revendication d’équivalence ne renvoie qu’au fantasme du mythe du père de la horde primitive ( cf : totem et tabou, S.FREUD ) et à ses conséquences psychiques et psychopathologiques qui peuvent s’avérer catastrophiques .

Les demandeurs de procréation médicalement assisté ou PMA et de gestation pour autrui ou GPA, qui revendiquent le droit à l’enfant, voudraient tout simplement transformer la réalité par l’instrumentalisation de la technique médicale pour réaliser un fantasme de parthénogénèse ou d’autoengendrement en s’appuyant sur l’antienne idéologique procustéenne française d’égalité utilisée à tout-va dans notre république actuelle qui ne sera jamais résolu parce que c’est la différence sexuelle qui préside à toute créativité et invention.

Il faut rappeler que notre position libidinale originaire est celle d’un état de bisexualité ( S. FREUD ) et que le choix d’objet sexuel ne se révèle qu’à partir de la puberté.

Claude ARON, Professeur de physiologie de la reproduction, démontre que si la nature, qui est économe, n’a produit qu’un seul modèle bisexuel, c’était bien le développement d’une voie et l’inhibition de l’autre qui permet la création du génie de l’homme ou de la femme et que nous ne sommes donc que d’un seul sexe et que nous mourrons.

Ainsi deux homosexuels qui sont l’assemblage de deux éléments de même nature et qui représentent en conséquence une paire et non un couple ne relèvent pas de l’institution du mariage ou du lien désirant du couple amoureux qui unit deux personnes de sexe différent en vue de former un couple et ne peuvent donc pas représenter une famille puisque une famille est un ensemble formé par les parents et leurs enfants et qu’une paire d’homosexuel(le) est par nature infécond, et dans une paire d’homosexuelles ayant ou voulant des enfants par adoption, il est possible d’affirmer qu’une des partenaires ne pourra jamais assumer la fonction paternelle parce que ce problème, peut être douloureux pour les protagonistes, est fondamentalement lié à la différence des sexes qui est irréductible ( à moins de demander une greffe au chirurgien ), et que « le rôle maternel est imprenable, irréfragable, parce qu’il est institué et soutenu par la question de la différence des sexes au regard de l’enfant » et enfin que la fonction paternelle n’est symboliquement opératoire que parce qu’elle procède directement de cette différence.

En un mot comme en cent, c’est la loi du phallus ( signifiant du désir et vécu de complétude de la différence sexuelle ) qui est toujours déterminante.

A la limite, pour une paire d’homosexuels mâles, ce sera plus facile puisqu’il suffit que l’un des deux joue la femme mais le fantasme d’auto-engendrement sera inévitable et ce, dans les deux cas de figure, homme- homme ou femme-femme, si ils veulent des enfants.

C’est la raison pour laquelle il ne me semble pas illégitime de s’interroger sur les intentions et la compétence de ceux qui n’ont pas relevé ces quelques fantasmes mortifères d’auto-engendrement et de « père » de horde primitive que ces projets délirants révèlent, tout comme cela interroge sur l’aptitude politique de ceux qui savent montrer une image si cultivée dans les auditoriums mais qui relayent des projets délirants qui maquillent mal leur fantasme de la conception dans son rapport à la question de l’origine, de la castration, de la nomination et de la transmission.

Il s’agit tout simplement d’un nouveau coup de force réactionnaire sous couvert de progressisme et de modernité qui cache un retour à un mode de relation et de forme de pensée très primitive qui s’oppose au progrès symbolique de notre civilisation.

Il est vrai que, dans notre société consommatrice en voie d’indistinction des genres et de fabrication de père-vers ou toute fonction est interchangeable et ou la jouissance est sans frein, il ne faut pas s’étonner que les individus façonnés par cette idéologie se déresponsabilisent ou se dévalorisent, et que la recherche personnelle de satisfaction prévale sur tout autre considération mais, face à autant d’irresponsabilité, nous pouvons avoir la certitude que ce qui est universel, c’est à dire valable pour tous, est bien la différence des sexes qui seule engendre la vie.

Bernard Patrick PRIEUR

les ouvrages de l’auteur

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