Pauvre France, jusqu’où vas-tu descendre ?

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A force de confier son destin au premier venu, ou à celui qui fait le moins peur, au moins mis en examen, au chouchou des médias, à celui qui rate le moins ses débats, la France est en train de payer cher, très cher ses choix politiques hasardeux. Et je crains hélas que l’on ne soit pas encore au bout de nos peines… 

Depuis deux mois, la gestion du Coronavirus fait de notre pays le contre exemple absolu de la gestion de crise. Si les temps étaient à cela, nous serions sans nul doute la risée de la planète entière. La France est entrée depuis près de deux mois en pleine crise, et elle manque de tout : masques, gels, tests, elle vient à peine depuis quelques jours d’avoir les respirateurs en nombre suffisant. Qu’il y ait eu un retard à l’allumage, passe encore : l’effet de surprise peut servir d’excuse… Mais que l’on soit encore dans cette panade au bout de deux mois, sans même savoir quand nous serons correctement dotés, cela devient insupportable. Les dépenses de santé en France sont parmi les plus élevées du monde : 11,5 % du PIB, l’Allemagne dépense elle 11,3%. Pas besoin de  benchmarking, ni de longs discours, les résultats parlent d’eux même : c’est à la guerre qu’on voit qui est le meilleur… L’Italie, l’Espagne et le Royaume Uni dépensent eux 9 %, nous sommes à peine au même niveau que ces pays, l’Italie pouvant même se dire qu’elle a été  surprise par l’épidémie… Le niveau des équipements en France est affligeant. Si nous n’avions pas la chance de compter sur un personnel de santé exceptionnel, voire héroïque, obligé de risquer sa vie chaque jour pour sauver celle des malades par la faute de l’incurie gouvernementale, à combien de morts en serions nous ? La France est encore grande du courage de son peuple, elle est pitoyable par la vacuité de ses dirigeants. 

Car il s’agit bien d’une incurie gouvernementale incroyable, du même ordre que celle de 1940. La France n’avait aucun des équipements au début de la crise, et depuis, elle n’arrive pas à s’approvisionner correctement. Au lieu de parler vrai, d’évoquer ses difficultés, comme un chef de guerre pourrait le faire, le gouvernement continue de nous abreuver de promesses, vœux pieux, annonces, il slalome, élude, use d’arguties auxquelles personne ne peut croire. Il crée de la défiance, au pire moment. A tous les niveaux, qu’il s’agisse des traitements à la chloroquine, des masques, des tests, personne ne comprend où on en est, personne ne croit plus ce qu’on nous  raconte, tout le monde se demande où l’on nous mène. Dans l’attente que le gouvernement pallie aux carences, et surtout adopte une stratégie cohérente, la France est donc astreinte au confinement. La solution du pauvre, celle qu’on use quand on n’en n’a pas d’autres… La France entière astreinte au confinement, comme un malheureux pays du Tiers Monde, alors qu’elle dépense 240 milliards d’euros pour la santé… Le meilleur système de santé du monde est tombé de haut, du jour au lendemain… 

Nous avons pourtant dans le pays largement de quoi réagir : on croirait que le pouvoir s’acharne à étouffer toute réaction, à éliminer toute solution qui ne vienne pas de lui. Mercredi matin, le professeur Perronne intervenait sur CNews  chez Morandini. Selon lui, le traitement du professeur Raoult est pleinement valable, la preuve : la mortalité très faible à Marseille. Et le nombre de victimes d’effets secondaires est infinitésimal. Si on attend encore pour valider le protocole à la chloroquine, c’est tout simplement parce qu’en France, on n’en a pas ! Elle est fabriquée au Maroc et en Hongrie, et Mohammed VI a déjà réquisitionné tout ce qui sort de l’usine implantée chez lui. Trump a, de son côté, fait le forcing pour en racheter massivement partout où il le pouvait, à n’importe quel prix…D’après JForum.fr, Israël aurait mandaté le Mossad pour en acheter en quantité suffisante, et pour trouver des masques… Quand le gouvernement français remplit seulement un bon de commande à la Chine et attend sagement qu’on veuille bien nous livrer, pour la fin juin si tout va bien…

La guerre version Macron se conduit avec la fleur au fusil quand les autres y vont à l’arme lourde, ne s’embarrassent d’aucun stratagème, même les plus retors, pour remettre leur pays à flots…À bien y réfléchir, le professeur Perronne ne se trompe probablement pas. Le gouvernement userait donc des mêmes expédients de communication avec la chloroquine que pour les masques : ça ne marche pas, ça ne sert à rien, ça présente des risques, tout est bon pour camoufler la carence, pourvu que le gouvernement ne soit pas mis en cause. Comme l’avait dit la députée LR Valérie Boyer, le gouvernement ne gère pas la crise sanitaire, il gère la pénurie. Et son image, pourrait-on rajouter. Le confinement est prolongé en France parce que notre gouvernement n’agit pas en conséquence pour que l’on s’en sorte rapidement. Il ne part pas au combat comme il le faudrait, ne se met pas en quête de trouver les équipements nécessaires avec l’énergie et la volonté dont les autres dirigeants font preuve.

La France, qui se croyait meilleur système de santé du monde, se découvre le parent pauvre de la lutte contre la pandémie : songez que le royaume du Maroc dispose, lui, des masques en quantité suffisante…Qui peut comparer le budget santé de ce pays au nôtre ? Alors que l’Autriche a déjà déconfiné, que l’Espagne et l’Italie commencent à le faire, que les États-Unis s’y préparent déjà, la France, elle, va perdurer dans le marasme parce qu’aucune autre solution n’est actionnée vigoureusement pour accélérer le rythme… Macron et son équipe ne communiquent que pour convaincre la population qu’elle est bien gouvernée, lui donner l’illusion que tout est fait pour combattre le mal. Et les commentateurs œuvrent à protéger le gouvernement du mieux qu’ils le peuvent. Sur les plateaux, on se  congratule encore de la fermeté des discours de Macron sans jamais mettre ces paroles en parallèle avec la pauvreté des actions qu’il mène… 

Nous sommes tombés de haut, question santé : mais question économie, faudra-t-il encore suivre les yeux fermés Macron et sa bande dans ses palinodies ? Écoutez bien ses discours, au delà de sa maîtrise oratoire : est ce bien l’économie Française qu’il entend sauver, ou l’Union Européenne, l’Euro, la coopération internationale ? La France et les Français sont-ils vraiment  la priorité de Macron, ou juste l’outil qu’il a entre les mains pour maintenir l’ordre mondial ? Il est temps, en ces heures tragiques, de se poser les bonnes questions et de réaliser jusqu’où nous sommes descendus, et jusqu’où nous risquons encore de descendre… 

 

Olivier PIACENTINI

Membre du Gouvernement de Relève Nationale

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