PATRICK DRAHI, le prédateur financier couvert par le pouvoir

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Patrick Drahi, vous connaissez surement : patron de Numéricable, mais aussi BFM TV, RMC, l’Express et Libération, il a racheté SFR en 2014 avec le soutien actif d’Emmanuel Macron. Aujourd’hui, plusieurs révélations mettent en lumière les pratiques frauduleuses du financier Israélien.

 

Drahi s’est ainsi adjugé en 2016, avec son ami Alain Weil, ancien propriétaire de BFM TV-RMC, quatre immeubles d’affaires à la porte Balard, dans le 15e arrondissement de Paris, pour 846 millions d’euros. Quelques mois plus tard, 49% des immeubles étaient revendus, pour 1,15 milliards d’euros. Une plus value de 300 millions d’euros en un temps record… Un génie des affaires, Drahi ? Comme toujours avec lui, il y a un truc…

Car Drahi avait déménagé les salariés de son groupe dans ces immeubles, qu’il s’agisse de ceux de SFR, Numéricable, Libé, l’Express, ceux du siège et de la holding… En faisant payer à ses sociétés le prix fort au niveau du loyer, 540 € le m2 contre une moyenne de 420 € dans le quartier… Avec en sus des baux de 12 ans, qui évidemment sécurisent un futur acquéreur.

 

En taxant ainsi ses sociétés, Drahi a ainsi gonflé artificiellement la valeur des immeubles qu’il a acquis en propre… Pas mal non, le tour de passe-passe ? Sauf que cela s’appelle de l’abus de biens sociaux caractérisé : on profite de sa situation pour saigner une société, au profit de son patrimoine personnel… Il faut bien comprendre que le groupe de Patrick Drahi est, depuis des années, en très grande difficulté. Son endettement dépasse les 45 milliards d’euros, les pertes se sont accumulées durant des années, jusqu’à 1,5 milliards d’euros en 2016… Pour tenir debout, Drahi a ainsi pratiqué des plans de licenciement drastiques, plus de 6500 salariés licenciés quelques mois après le rachat de SFR. Aujourd’hui, ce sont le tiers des salariés de Libé qui sont poussés vers la sortie, et L’Express est également soumis à une purge.

 

Pendant ce temps, le cost-killer féroce qu’est Patrick Drahi laisse les loyers de ses entreprises flamber : normal, c’est lui qui les encaisse en personne. Ce qui lui permet ainsi de se forger un splendide patrimoine immobilier : villa de luxe à Cologny, en Suisse, chalet à Zermatt, toujours en Suisse, Drahi aime le grand air de la montagne… Mais il adore aussi la mer : certaines de ses sociétés sont localisées à Guernesey, ile anglaise au large de la Normandie, et connue pour être un paradis fiscal. D’ailleurs, Drahi n’installe ses sièges que dans des paradis fiscaux : holding en Hollande, cascades de sociétés au Luxembourg, mieux vaut éviter le fisc Français.

 

Et pour le cas où Drahi était poursuivi, tout est prévu : la nationalité israélienne, pour laquelle il a opté il y a quelques années, le protège de toute demande d’extradition.
Car avec près de 50 milliards d’euros de dettes, pour à peine 10 milliards d’actifs, il est en réalité en situation de banqueroute virtuelle : il tient grâce à des moratoires qu’il a obtenu des banques, un report des échéances à 2022-2023. Et aussi peut être grâce au soutien de son ami Macron, ministre des finances en 2014, qui a pu s’appuyer sur un groupe de médias ami, en favorisant la candidature de Drahi contre celle de Bouygues au moment du rachat de SFR.

De tout cela, on peut en déduire des choses assez évidentes : Drahi ne cherche pas à développer ses activités en France, c’est un prédateur qui s’attaque à des proies fragilisées, les paie avec de la dette cumulée, les dépèce à son profit, et les maintient en survie en menaçant les banques de non-paiement, mais aussi en s’adjugeant le soutien du pouvoir politique, sensible à l’influence de ses journaux, télés, radios… Son seul but est d’utiliser des sociétés à son seul profit personnel, ce qui relève vraiment de fautes graves de gestion : mais peut-on compter sur notre gouvernement pour rétablir la justice, contre son principal laudateur ? Rien n’est moins sur : sans la propagande de BFM TV et RMC, nul doute que l’image de Macron et du gouvernement en prendrait un sacré coup.

 

Alors, que valent quelques milliers de salariés licenciés, quelques milliards d’impôts qui échappent aux caisses de l’état ?

 

Olivier PIACENTINI

Membre du Gouvernement de Relève Nationale

 

 

 

 

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