ONU, OMC, OMS, UE : La coupable complaisance avec le régime chinois

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Depuis deux décennies, la Chine connait une progression extraordinaire de son économie. Sa croissance a connu, à partir de son admission à l’OMC, un véritable boom : inférieur à 2000 milliards de dollars en 2001, son PIB a dépassé les 7000 milliards en 2011, puis 13000 milliards en 2017… La présence de la Chine parmi les membres de l’OMC lui a évidemment ouvert les portes des marchés de consommateurs occidentaux, a multiplié les délocalisations d’usines sur son territoire, bref, a été la condition sine qua non de sa puissance actuelle. Parmi les conditions de son entrée, la Chine se devait de respecter un traitement identique des produits étrangers et nationaux, de mettre fin au dumping, de respecter les droits de propriété intellectuelle et de libéraliser les services. Or, on voit bien que sur ces quatre points, la Chine a multiplié les manquements à ses obligations. La Chine ne respecte même pas les principes de réciprocité, sans qu’aucune sanction ne lui ait jamais été appliquée. Seul un rappel à l’ordre lui avait été formulé en 2011 concernant des restrictions aux exportations de certaines matières premières par Pékin.
A l’ONU, la complaisance envers la Chine est encore plus flagrante : les atteintes aux droits de l’homme, si criantes en Chine, n’ont jamais conduit à la moindre sanction ni résolution. Mieux même : la Chine a récemment été désignée pour représenter la zone Asie Pacifique au Conseil consultatif des droits de l’homme ! Il y a quelques mois, face aux critiques de 23 pays occidentaux au sujet de la répression des ouïgours, Pékin a réussi à rassembler à l’ONU 54 pays pour venir à sa rescousse ! Car Pékin conditionne sa politique d’investissements à l’étranger à un soutien total des gouvernements concernés : la politique expansionniste de la Chine, qu’il s’agisse de la Chinafrique comme de la “route de la soie”, lui permet d’engranger les soutiens internationaux et ainsi, de dévoyer la mission de défense des droits de l’homme de l’ONU, à son profit.
On a vu à quel point l’OMS a tardé à alerter le monde concernant la pandémie de coronavirus au moment de son apparition en Chine, à quel point l’organisation tente d’euphémiser les responsabilités de Pékin. Tedros Ghebreyesus, président de l’OMS élu en 2017 avec l’appui de Pékin, est Ethiopien : un pays où la Chine investit massivement, notamment par l’acquisition de vastes terres agricoles et les délocalisations d’usines textiles. Peut-on vraiment lui faire confiance ?
Quant à l’Union Européenne, la voilà bien timide, dans ce bras de fer qui s’annonce féroce entre Washington et Pékin. Alors que Trump avait lancé une guerre commerciale pour faire cesser la concurrence déloyale des produits chinois, qu’il a maintenant décidé de se retirer de l’OMS, l’Union Européenne semble aux abonnés absents. On nous parle depuis deux mois de l’urgence de relocaliser nos industries : commençons par sanctionner la Chine, au moins au niveau commercial, sinon, la réindustrialisation du Vieux Continent restera probablement un vœu pieux. Commençons aussi par soutenir le peuple de Hong Kong qui se bat pour sauvegarder sa liberté et ses droits de l’homme, menacés par Pékin  : jusqu’à présent, seuls les Etats Unis et la Grande Bretagne ont menacé Pékin, Bruxelles, Paris, Berlin et les autres sont aux abonnés absents. 
A travers sa puissance de feu, et l’affaiblissement visible de l’Occident, la Chine semble désormais résolue à imposer son modèle au monde, comme l’indique un article paru le 14 avril dans le magazine pro-gouvernemental “Global Times”. Elle a désormais les moyens de faire régner sa loi, à travers les pays qu’elle a ralliés à sa cause, mais aussi les moyens de pression dont elle dispose : aujourd’hui, la Chine n’a même plus besoin d’envoyer des troupes pour nous faire la guerre, il lui suffit de bloquer certains approvisionnements, en médicaments, en métaux rares, en composants électroniques ou pièces industrielles…
L’union occidentale pour faire barrage à l’expansion chinoise est aujourd’hui une question de survie : sans cela, nous assisterons à une prise en main des institutions internationales par Pékin, l’avènement d’un nouveau modèle de développement qui détrônera à terme nos systèmes démocratiques et libéraux. Sauf que les Européens semblent bien timorés à rejoindre Trump dans ce combat. Croient-ils encore à cette mondialisation heureuse, où la démocratie, les droits de l’homme et la coopération internationale triompheraient ? Ou sont-ils aussi liés aux intérêts chinois, ont -ils peur de mesures de rétorsion qui feraient du dégât sur des pays déjà en grande difficulté ?
L’histoire nous démontre que face à des entreprises d’expansion totalitaire, la faiblesse est souvent la pire des options…
Olivier PIACENTINI
Volontaire d’honneur
Membre du Gouvernement de Relève Nationale

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