Nécrologie pour un fossoyeur

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Tribune libre de Nicolas STOQUER

Jusque dans son passage vers l’au-delà, l’ancien président de la Vème République Jacques Chirac aura servi de leurre à l’ensemble de la classe politique et à l’imposture permanente qu’elle recèle. La loi aberrante dite de « la PMA pour toutes » avec son concept des « deux mères » est adoptée dans la liesse des médias « progressistes », une catastrophe écologique majeure se déroule en ce moment même en Seine Maritime avec l’incendie de l’Usine Lubrizol du holding industriel de l’oligarque américain Warren Buffet tandis que nos yeux restent braqués sur les feux amazoniens et les cris hystériques de Greta Thunberg dans l’enceinte des Nations-Unies, la déliquescence de la Macronie prend un tour apocalyptique bien au-delà des éternelles turpitudes du président de la Chambre Basse, Richard Ferrand, avec le pacte de corruption entre les milieux d’affaire et leur protégé aujourd’hui à l’Elysée que révèlent les dernières informations sur l’affaire Alsthom, une déstabilisation géopolitique régionale majeure couve en Algérie, qui risque de tout emporter en France, dans l’impuissance absolue de l’ensemble de nos pouvoirs publics.

Mais la classe politique, toute à son émotion, verse abondamment des flots de larmes de crocodile sur l’un des siens, le dernier de nos rois fainéants, Jacques Chirac, alias « super menteur ». Macron a parlé jeudi soir à 20 H 00, à l’affut de toute possibilité de sortie médiatique flattant un égo narcissique à la pathologie avérée, une journée de deuil national est décrété lundi 30 septembre.

Chirac nait politiquement à la fin des années 60 pendant et après Mai 68. C’est un pompidolien sans état d’âme (« Son Bulldozer »), énarque brillant, jeune premier à la fatuité affichée que son narcissisme aimera retrouver ensuite chez ses principaux collaborateurs (Alain Juppé, « le premier d’entre nous »). Orphelin politique en 74 avec la disparition brutale de son mentor politique, il se révèle et se découvre alors un destin de traitre, penchant qui jamais ne se démentira et qui fera la vocation (mimétisme actif ?), comme par un « presque juste » retour de bâton, de celui qui lui devait pourtant tout (Nicolas Sarkozy).

Profitant de la querelle des gaullistes (entre Pierre Mesmer et Jacques-Chaban-Delmas), il fait main basse sur l’héritage du gaullisme politique en soutenant Giscard d’Estaing à l’élection présidentielle de 1974, l’Homme qui n’avait pas dit oui à de Gaulle en 69 et précipité ainsi sa chute. On ne pouvait pas rêver plus belle entrée en matière dans la carrière d’un traitre…

Jacques Chirac devient l’héritier du gaullisme, héritage qu’il n’aura de cesse de dilapider pendant plus de 30 ans de carrière politique au sommet de l’Etat ou à la tête de l’opposition.

L’héritage politique laissé par le général de Gaulle, même ses principaux adversaires en conviennent, tient en deux grands blocs : L’Indépendance nationale et la souveraineté de la France ; L’autorité de l’Etat et la fin du régime des partis. Dans ces deux grands domaines, Jacques Chirac a non seulement failli mais subverti l’héritage gaullien. Jugeons en donc sans excès de miséricorde… :

En matière de régime des partis, Jacques Chirac n’aura jamais fait semblant (Contrairement au domaine de la souveraineté et de l’indépendance où il usera de quelques fallacieux artifices, nous y reviendrons). De 1976 jusqu’à la fin, ce sera la promotion du Rassemblement Pour la République (RPR) sans demi-mesure et sans cachoterie dont il fera une formidable machine de guerre politique au service de son ambition et de la conquête du pouvoir. Avec son cortège de compromissions et de corruptions généralisées… Ce monstre politique qu’était le RPR coutait extraordinairement cher à l’entretien. Pour l’autorité de l’Etat, l’ensemble des institutions colonisées (Au premier chef la Mairie de Paris) par l’ « Etat RPR » étaient rapidement vidées de leur substance, affaiblies par le clientélisme et l’opportunité politique. La clé de voute de nos institutions, le président de la République, héritage direct du général de Gaulle sera ravalée au bénéfice exclusif de la survie politique (Cohabitation, quinquennat). Le Président de tous les français deviendra d’abord le chef d’un clan politique, il parachèvera ainsi l’œuvre bien engagée par François Mitterrand. Ensuite un « Président empêché » suite à la dissolution ratée de 1997 et la trahison de ses promesses de campagne de 1995 (Choix de Juppé en lieu et place de Seguin). Enfin un président impotent après 2002 après sa victoire contre Jean marie Le Pen au son des youyous et des drapeaux algériens de la place République. L’héritier du gaullisme devient alors un nouveau Père de la Nation, il fait don de sa personne à « la France du bien » comme un certain Philippe Pétain en 1940. La trahison est alors entièrement consommée.

En matière d’Indépendance et de souveraineté de la France, la trahison va prendre encore beaucoup plus d’ampleur d’où la nécessité d’en passer par l’artifice et la tromperie du peuple français. Que ne parle t-on pas de l’appel de Cochin ou encore de son refus de la seconde guerre en Irak qui serait à mettre à son actif. Mais derrière les contre-feux, les diatribes de campagne, les coups de menton et le détournement de l’attention de l’opinion publique, une triste et double réalité. De l’adoption de l’Acte Unique à la promotion de la Constitution Européenne en passant par l’adoption sans demi-mesure de l’Euro, une entière abdication de la souveraineté de la France entre les mains de l’Union Européenne et de son projet politique supranational. En matière d’Indépendance, le suicide de la France durant la guerre en ex-Yougoslavie, la guerre au Kosovo et l’alignement de la politique étrangère de la France en Europe sur les positions extrémistes et bellicistes de l’OTAN. Après on pourra toujours parler d’amitié Franco-Russe chez Jacques Chirac mais combien faudrait-il être stupide et idiot pour vraiment y croire…

L’Histoire retiendra de Jacques Chirac qu’il fut le fossoyeur du gaullisme, il reste aux derniers patriotes de faire en sorte qu’il ne soit pas définitivement l’un des grands et principaux fossoyeurs de la France.

Nicolas Stoquer Fondateur du RPF (Rassemblement pour la France)

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