Manifestum interdicus…

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Les hordes de casseurs ont regagné leurs repaires, les extrémistes côté dextre ont rangé leurs matraques et sont partis soigner les cals que la dureté du pavé parisien a provoqué lors de leur dernière sortie animée, les banlieusards défavorisés ont fait leurs courses à prix abordables, au fond, tout va bien au pays France… Quant aux extrémistes côté senestre, ils étaient bien sagement restés chez eux, l’édile en chef de la cité parisienne l’a constaté par elle-même et de visu, trois jours avant son rendez-vous chez l’ophtalmologiste pour changer ses verres de contact.

Pourtant, les choses étaient clairement affichées dès les premières expressions citadines en ce mois dernier de novembre. Les contestataires sont arrivés en nombre, pensant naïvement que se promener avec pancartes et slogans devait être suffisant pour reprendre un peu de liberté et de pouvoir d’achat, choses élémentaires et primordiales, mais que les pouvoirs corrompus leur ont confisqué depuis des années. On peut toujours crier, rares sont les fois où on obtient un résultat positif. La caste en place vit très bien du système, elle n’a donc pas l’intention d’en changer. Le pouvoir part du principe qu’il est légal – ce qui est vrai – pourtant, rien n’assure qu’il est légitime.

Face à cette « agression », les autorités n’ont pas beaucoup de réponses possibles : lutter ou céder. Il est clair que la seconde option n’est jamais envisagée. Le match est simple : le système lutte – et luttera (à mort), ou alors, il meurt… La stratégie est donc systématique, et connue depuis fort longtemps, on se demande d’ailleurs pourquoi elle n’est toujours pas contournée par les « contestataires ».

D’abord, le pouvoir dit non à tout, et balaye toute revendication, ensuite, il fait semblant de donner quelques miettes, puis attend gentiment l’épuisement des demandeurs. Si ces derniers montrent un peu trop d’impatience, on oppose la force, ce qui devrait en dissuader plus d’un d’insister. Pour que le résultat soit encore plus probant, on va déclencher  la violence – au besoin on la favorise avec quelques éléments à sa solde, ce qui discréditera le mouvement, lequel apparaîtra comme un fauteur de troubles.

Ensuite, quand la violence est bien visible et ses résultats avérés, il devient tout naturel de condamner, et de passer à des mesures de rétorsions sévères qui auront d’abord effet sur ceux qui, justement, ne montraient aucune violence. Avec un peu plus de cynisme, on ira même jusqu’à interdire toute contestation, nos dirigeants ne se souciant comme d’une guigne de respecter le droit de manifester qui ne doit pas figurer dans les valeurs qu’ils prétendent prôner.

Lénine le disait : « Les chemins de la révolution ne sont pas pavés de roses ». Face à une contestation qui le défie, le pouvoir n’a d’autre choix que de le garder à tout prix, il va donc tout faire pour rendre impopulaire le mouvement, il va utiliser la force à outrance, le pacifisme n’a donc aucune chance de succès. Les pacifistes sont gens admirables, le souci, c’est qu’ils ne règlent jamais rien, mais, au contraire, laissent empirer et dégénérer les choses. Pour reprendre une autre citation, rappelons-nous celle-ci : « Entre le déshonneur et la guerre, vous avez choisi le déshonneur : vous aurez les deux ». C’est peut-être regrettable, mais les pacifistes sont totalement nocifs du fait de leur inertie, de leur naïveté, de leur croyance dans des valeurs qui sont loin d’être partagées par tout le monde.

Nous avons aussi les « tolérants », des gens un peu maso sur les bords, et qui s’excusent presque quand quelqu’un leur marche sciemment sur les pieds. Ils ne comprennent pas qu’en laissant faire l’agression sans réagir, ils la commanditent, la banalisent, en fait, ils l’adoubent. Et de s’étonner après que le mal empire. Nous voyons aussi des gens avouer qu’ils sont prêts à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité. C’est bien regrettable, car elles perdent toujours les deux… A se demander si, pour beaucoup de gens, la liberté est vraiment nécessaire ? N’y aurait-il pas, chez certains, comme un besoin d’esclavage ? On peut parfois se poser la question. Le dialogue, c’est bien, il faut plutôt le laisser aux étudiants boutonneux qui ne connaissent encore rien de la vie…

Le combat de maintenant, ce sont les souverainistes contre les mondialistes : il ne se fera pas dans le pacifisme ni le dialogue, bien au contraire, il y aura donc de très très gros dégâts… Les gilets fluos sont maintenant interdits de manifester, la Déclaration des Droits de l’Homme n’a plus guère droit de cité pour nos gouvernants, et pour eux, la seule déclaration qui compte, c’est … la déclaration de revenus…

Roger FER

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