Macron et la Grèce contre Erdogan : mais quel camp vont donc choisir l’Otan et Merkel ?

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Depuis plusieurs semaines, la tension monte en Méditerranée, à cause essentiellement de la politique d’Erdogan, que je ne cesse de vilipender sur de nombreux médias.
Les enjeux sont multiples. D’abord, les interventions de l’armée turque au nord de la Syrie, pour repousser les kurdes et affaiblir Assad : là, Poutine était intervenu militairement, et avait infligé un camouflet à Erdogan. Depuis, Erdogan récidive sur d’autres terrains. A Chypre, d’abord, dont la Turquie occupe la partie nord en toute illégalité depuis bientôt cinquante ans, sans que Bruxelles ni l’Otan n’agissent contre cette usurpation. Dans les eaux territoriales chypriotes, un immense gisement gazier a été découvert il y a peu, et c’est le consortium franco-italien Total-Eni qui l’exploite. Sauf qu’Erdogan s’estime légitime sur 9 des 14 sites de forage, en vertu de son occupation qui n’est pourtant reconnue par aucun pays étranger.
Les escarmouches se multiplient avec des navires Français, Grecs ou italiens qui croisent dans la zone. Par ailleurs, Erdogan a envoyé 7000 miliciens, probablement des ex-djihadistes, en Libye, pour soutenir le régime vacillant d’Al Sarraj à Tripoli, acculé par la rébellion du général Haftar, soutenu par la Russie, l’Egypte et également la France. En juin, une frégate Française qui voulait contrôler un cargo tanzanien suspecté de transporter des armes pour les troupes d’Al Sarraj a failli être pris pour cible par la marine turque, et le navire Français a du renoncer à arraisonner le cargo contrebandier.
Erdogan nuit donc délibérément aux intérêts de la France, de l’Italie, et surtout de la Grèce. Oui mais voila, son pays est membre de l’Otan, et est un élément essentiel du dispositif de l’organisation face à Poutine. En sus, son pays est un allié traditionnel de l’Allemagne; Alors que les tensions se multiplient, Erdogan a d’ailleurs annoncé qu’il allait en référer à madame Merkel, dans une rencontre imminente  où il espère sans doute que la patronne lui donne le dernier mot. Voila donc la France, la Grèce, l’Italie prisonnières des priorités américaines sur l’Otan, et des priorités allemandes au sein de l’UE. Erdogan a beau s’attaquer à trois pays membres de ces deux organisations, il sait se rendre indispensable aux vrais leaders des deux organisations : les Etats-Unis et l’Allemagne. Et tant pis pour nous, et tous les autres, qui ne peuvent que se plaindre des agressions turques. Des agressions qu’Ankara pourra prolonger à moindre frais, en lançant à nouveau sur la Grèce, comme il l’avait fait en mars, les millions de réfugiés dont Madame Merkel lui a confié la garde il y a quatre ans, moyennant finances en plus : Erdogan, un ennemi déclaré de l’Occident, mais que les principales puissances occidentales protègent au nom de leurs seuls intérêts nationaux… Et qui contrôlera demain, si son intervention en Libye est couronnée de succès, les deux principales voies d’entrée des immigrés en Europe, par l’Italie au Sud et la Grèce à l’Est…
Voila donc dans quelle mélasse se trouve la France, prisonnière de Washington et de Berlin, y compris pour ses intérêts vitaux…
Olivier PIACENTINI
Volontaire d’honneur
Membre du Gouvernement de Relève Nationale

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