Macron dans une impasse électorale

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Les journalistes des grands médias s’extasient devant les performances oratoires d’Emmanuel Macron durant les grands débats auxquels il participe. Il est exact que ses prestations ressemblent à des marathons télévisuels. Les analystes politiques oublient de signaler que ces représentations sont préparées à l’avance : les participants sont sélectionnés et les questions sont suggérées par les communicants au service de l’Élysée.

Les commentateurs des grands médias insistent également sur la remontée d’Emmanuel Macron dans les sondages. Certains créditent Emmanuel Macron d’une côte de popularité de 39%. Il est probable que le positionnement de LREM comme le parti de l’Ordre séduit un certain nombre d’électeurs. Toutefois le parti de l’Ordre est normalement largement majoritaire dans l’opinion : ce fut le cas lors des élections législatives de juin 1968. Un parti de l’Ordre à 40%, cela fait désordre !

La stratégie actuelle de diabolisation du mouvement des gilets jaunes semble fonctionner puisqu’une moitié des Français considère que les manifestations hebdomadaires doivent cesser. Néanmoins cette diabolisation se traduit par une surenchère d’insultes envers les gilets jaunes comme « lèpre populiste » et « peste brune ». Un procès inquisitorial est instruit avec comme chefs d’inculpations : nazisme, antisémitisme et vandalisme.

Cette stigmatisation est payante à court terme car elle permet une embellie sondagière. Mais cette diabolisation pourrait être nuisible à moyen terme. En effet, le mouvement des gilets jaunes a suscité le soutien d’une majorité de Français. Si ceux-ci se sentent insultés par la propagande gouvernementale, ils sauront exprimer leur désapprobation lors des prochaines échéances électorales. Ainsi les candidats LREM se heurteront au second tour des élections futures à une majorité des électeurs. Dans ces conditions, des défaites aux élections intermédiaires et à la présidentielle deviendraient inéluctables.

Les gouvernants actuels ne peuvent pas s’empêcher d’opposer les uns aux autres car leur idéologie impose ce manichéisme. Elle repose sur la défense des minorités « opprimées » par une majorité « oppressive ». Les minorités labellisées sont incitées à exiger des discriminations à leur profit et la majorité est sommée de se repentir. Avec ce genre d’idéologie théorisant la lutte des uns contre les autres, l’oligarchie au pouvoir ne peut que continuer les agressions contre la majorité silencieuse. Le mouvement des gilets jaunes traduit le réveil de cette majorité silencieuse qui exprime son mécontentement pour le traitement injuste qu’elle subit depuis trop longtemps !

Jean Luc TARI

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