Lire la presse…

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Il faut absolument lire la presse, ne serait-ce que pour être informé… Ou simplement pour rigoler… Ou pleurer, c’est selon…

Certains lecteurs ne l’ont peut-être pas remarqué, mais la plupart des auteurs qui parlent de pays ou de nations étrangères, se sentent toujours obligé de sur-qualifier, à l’occasion, les populations concernées. Et c’est ainsi que nous lisons, « nos amis belges » (qui racontent de belles histoires), nos amis « allemands » (bien que ce ne fut pas toujours le cas), « nos amis algériens » (ceux qui nous ont mis dehors en conservant, puis dilapidant, tout ce qu’on leur a laissé), « nos amis américains » (ceux qui nous imposent leurs lois imbéciles – alors qu’ils pourraient très bien les garder pour eux et en mieux profiter), « nos amis grecs » (que l’on a laissé tomber lors de leur débâcle financière – mais sauvons nos banques d’abord, les amis après), bref, un tas d’amis qu’il est quand même bon d’avoir de son côté si des moments difficiles nous tombaient malheureusement dessus, à l’improviste (comme une épidémie), on ne sait jamais… Bon, c’est peut-être bien d’avoir des amis, c’est même précieux, à tel point qu’un proverbe nous dit que, parfois, ils sont tellement précieux qu’avec eux, on a même plus besoin d’ennemis, c’est dire… Après, il y a ami et ami, ce n’est pas parce qu’on salue poliment sa voisine et qu’on lui demande courtoisement des nouvelles de sa santé (dont on de moque un peu quand même), que l’on partage son intimité…

Bien, ce prologue affiché, il y a un sujet absolument incontournable et qui ne peut échapper à personne, ce sont « les sondages ». Il faut dire que dans l’affaire, il y a matière à traiter et parfois, il faut réfléchir longuement pour finalement ne pas comprendre grand chose. Nous voyons, par exemple, la dernière mouture qui nous dit que la majorité des français, soit 54,00002451 %, n’est pas du tout contente, ou peu contente, de la façon dont le gouvernement se laisse gouverner par la crise ! Diable ! Trois sites plus loin, on apprend, d’après un sondage s’exprimant avec la même précision, que les dirigeants en poste ont leur cote de popularité qui remonte, voire n’a jamais été aussi élevée, soit depuis le dernier mois, ou la dernière année, la dernière élection ou … depuis leur dernier anniversaire, on ne sait pas trop. On a, en même temps, un mécontentement face à la crise qui augmente, et une cote de popularité qui augmente également. Certes, certains pourraient penser que ce n’est pas très cohérent, en fait, si, c’est la magie du « en même temps »…

Toujours aussi en même temps, il est fort curieux de lire les déclarations successives des pantins qui font partie de l’équipe de divertissement. Les masques, ça ne sert à rien – d’ailleurs, ils tombent, le lendemain, il faut en porter, même si ça ne sert à rien, surtout quand on en manque cruellement. Certaines professions en réclament, comme la police, mais ils en sont dispensés, ce qui n’empêche pas Interpol de donner des consignes aux policiers leur demandant d’en porter… Vraiment rigolo… Les poubelles ne sont plus ramassées, les éboueurs n’ont pas de masques, et ils prétendent que si un mouchoir tombait de la benne, ils ne pourraient même pas le ramasser, ce qui est une marque sérieuse de continuité, déjà, avant l’épidémie, ils ne le ramassaient pas non plus…

Tout n’est pas perdu pour autant, sauf l’honneur peut-être : nous avons de valeureux bobos qui, tous les soirs, donnent la sérénade du haut de leur balcon, des applaudissements nourris pour remercier toutes ces personnes plus que dévouées et qui essaient de sauver des vies : c’est vrai qu’ils méritent d’être remerciés, à tel point que certains, rentrant de leur dure journée à l’hôpital, trouvent, sur leur porte, un petit écriteau qui leur demande d’aller habiter ailleurs, car ils pourraient contaminer tous les résidents de l’immeuble ! Que voilà une belle preuve de solidarité et un remerciement très concret à l’endroit de ce personnel si dévoué, et dont certains ont par ailleurs trouvé les pneus de leur véhicule crevés, alors qu’ils s’apprêtaient à aller se reposer un peu chez eux : un bel élan de générosité.

Et toujours dans le sens de la générosité, les idées les plus originales germent comme du blé en automne. Ainsi, un brave agriculteur n’a pas hésité : et avec sa moissonneuse, il a fauché dans son blé tout un chemin qui, vu du ciel, écrit un grand merci à l’équipe médicale. C’est beau, c’est grand, généreux et original, seulement voilà, les soignants étant occupés avec trop de malades, ils n’ont guère loisir de se promener en l’air, d’autant que pratiquement tous les avions sont bloqués au sol. A chacun son style, et faire sa « BA » est toujours valorisant, il ne faut jamais perdre une bonne occasion de stimuler son ego.

Ce rapide tout d’horizon n’a pas la prétention de l’exhaustivité, à chacun de le compléter.

 

Roger FER

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