L’Euro a du plomb dans l’aile…

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L’arrêt de la cour suprême constitutionnelle allemande (« Karlsruhe ») du 5 mai 2020 est historique.

D’une part, il rappelle la primauté du droit national sur le droit de l’Union européenne, primauté qui résulte des constitutions et que les traités européens ne peuvent limiter. Cette décision est essentielle en ce qu’elle rappelle la prééminence des principes de démocratie et de souveraineté populaire, seules sources de légitimité acceptables dans un Etat de droit.

D’autre part, cet arrêt constitue un ultimatum et le premier pas, soit d’une sortie de l’Allemagne de l’euro, soit d’une obligation de sortie pour l’Italie et pour la France – dans tous les cas la fin de la zone euro telle que nous la connaissons. L’arrêt de Karlsruhe devrait ainsi prendre une place dans l’histoire, à l’instar de la chute du mur de Berlin, comme la fin d’une expérimentation économiquement contre-nature et radicalement antidémocratique de près de 40 années : l’union économique et monétaire.

https://www.vududroit.com/2020/05/cour-constitutionnelle-de-karlsruhe-deutschland-uber-alles/

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Un article qui, selon moi, est d’une grande importance car si les autorités allemandes font le choix politique de se conformer strictement aux termes de leur Constitution tel que l’exige leur Cour constitutionnelle, c’en est bientôt fini de l’euro, soit que l’Allemagne en sorte, soit que la France et l’Italie en sortent.

Pour ma part et ceux qui me lisent depuis longtemps savent que j’ai toujours considéré la création de l’euro comme une incongruité, car c’est un non-sens que de vouloir imposer une monnaie unique au sein d’un grand nombre de pays qui ne sont pas régis par les mêmes règles politiques, économiques et sociétales.

Par ailleurs, quoi que nos élites françaises en disent, l’euro, une monnaie dont les parités, les unes envers les autres, des anciennes monnaies nationales qui composent son panier ont été gravées une bonne fois pour toute dans le marbre lors de sa création en 1999, nous dessert et nous appauvrit. Nous nous sommes trop complaisamment et trop confortablement abrités derrière le paravent bien pratique de cet euro, une monnaie considérée au plan mondial comme une monnaie de riches, tout simplement parce que l’Allemagne et les pays du nord de l’Europe étaient derrière, pour nous laisser aller à nos défauts habituels de pays du sud. Nous n’avons fait aucune réforme structurelle et nous avons laissé notre pays se désindustrialiser de manière criminelle (on en paye le prix aujourd’hui alors que nous dépendons de la Chine pour nos médicaments, nos masques et tutti quanti).

Comme nous sommes beaucoup moins rigoureux que nos voisins allemands (essentiellement depuis le début des années Mitterrand, socialisme à la française oblige), et que nous ne pouvions pas techniquement dévaluer l’euro français par rapport à l’euro allemand, notre compétitivité n’a cessé de s’éroder au cours de ces 20 dernières années et ce au grand profit économique de l’Allemagne.

On a donc désormais une probabilité non négligeable d’assister à la dissolution de la zone euro et il sera alors difficile à cette UE technocratique qui n’a cessé de se mêler de (presque) tout et de bafouer la volonté des peuples, de survivre. Il faudra en revenir au projet de de Gaulle et d’Adenauer de mettre en place une Europe des peuples et des nations.

 

Général (2S) Daniel GROSMAIRE

VPF Franche Comté

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