Lettre ouverte aux « historio-pénitents »

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Depuis quelque temps, on entend gloser sur les médias des personnes qui se disent historiens, certains prétendent même enseigner cette matière, au sujet des événements racistes et de la repentance qui serait due aux victimes du « commerce triangulaire ».

Ces gens sont en fait des historiens de papier : on ne devient pas, on nait historien, comme on nait rôtisseur. La « faute » fondamentale de ces individus est de vouloir comprendre et expliquer l’histoire avec des yeux et des conceptions contemporains : c’est absurde ! On ne peut comprendre le passé avec des dogmes établis des siècles après les événements étudiés. Mes maîtres m’ont appris que pour comprendre un évènement, il fallait essayer de se mettre en empathie avec ses acteurs (et non avoir de l’empathie pour eux, ce qui ne veut rien dire !). Il faut se remettre dans les idées du temps et non vouloir juger avec les nôtres, car les mœurs, les idées évoluent au cours du temps et les valeurs qui avaient cours au XVe ou au XVIIIe siècle ne sont pas celles du XXI ème.

Les choses se compliquent encore, car les civilisations ont des mœurs différents non seulement au cours du temps, mais dans l’espace : à un moment donné du temps, les habitants du Mexique avaient des us et coutumes très différents de ceux de France de Russie, d’Iran ou du bassin du Niger.

Cette repentance sur l’esclavage est une absurdité totale pour plusieurs raisons qui curieusement ne lui sont jamais opposées dans les débats publiques. Je ferai d’abord remarquer que la mise en « servitude » de groupes humains par d’autres groupes remonte à la nuit des temps et que cette pratique à été connue sur tous les continents. Que ce soit en Europe, en Asie, en Afrique où dans toutes autres parties du monde, l’homme a toujours été un prédateur pour l’homme, principalement pour des raisons économiques. N’oublions pas que les ottomans, les barbaresques, pratiquaient la piraterie dans tout le bassin méditerranéen. Que Tripoli, Tunis, Bône, Alger étaient encore au début du XIX ème non seulement des repères de pirates, mais des marchés aux esclaves.

Dès la fin du congrès de Vienne, les états unis suivis par les européens cessèrent de payer tribut pour protéger leur commerce en Méditerranée, Dès 1801 la flotte US bombarda Alger à titre de représailles, une seconde fois les flottes Anglo – américaines assiégèrent Alger en 1815 ; avant que les troupes françaises ne prennent la ville en 1830. Si l’on veut parler des origines de la traite africaine, il faut rappeler que l’esclavage en terre de conquête est une loi qui se perd dans la nuit des temps et les peuples africains n’y ont pas échappés. Bien avant que les Portugais n’aillent chercher sur les côtes d’Afrique de l’ouest de la main d’œuvre pour leurs colonies, il existait un important trafic entre les pays du Maghreb, du moyen Orient et l’empire Dyolof qui s’étendait sur les bassins de la Gambie et du Sénégal. Les Ouolof, les Mandingues, les Toucouleurs qui vivaient de ce commerce transsaharien, s’approvisionnaient sur les marchés de Aouadahoot et Tekrour. Dès le VIIème siècle l’Empire Kanem-Bornou exportait ses « captifs » vers Tripoli et la Mer Rouge.

Le Ghana jusqu’au XIIIè faisait de même vers le Maghreb. Son trafic fut supplanté par le Mali Jusqu’au XVème. Le Bachwezi trafiquait avec l’océan indien via Zanzibar. Jusqu’au XVème siècle l’expansion du trafic d’esclaves en provenance d’Afrique subsaharienne est liée à l’expansion Arabe. Plus près de nous, le dernier marché aux esclaves du Maroc à existé jusqu’ en 1920, où il a été fermé par les autorités françaises. Même a l’heure actuelle l’esclavage est toujours autorisé et pratiqué dans certains états du Moyen 0rient, voir d’Afrique subsaharienne ainsi que dans certaines contrées islamisées de l’Insulinde.

L’Islam en effet ne condamne ni n’interdit l’esclavage et le pratique sous deux formes : l’esclavage traditionnel qui considère l’individu comme un meuble et la dhimmitude, qui n’accorde le droit de vivre à non musulman qui si il l’achète en payant un impôt annuel « avec humilité » comme le précise le Coran. Le bien fondé d’un acte ne peut être compris qu’au regard des valeurs et des idées qui prévalaient au moment où il a lieu : Jusqu’au XVème siècle on a discuté en Europe de l’appartenance des habitants d’Afrique noire et des amérindiens à l’espèce humaine ! Jusqu’au milieu du XIXème le droit de vote n’était accordé, à partir de 30 ans, qu’a ceux qui payaient un impôt direct d’au moins 300 francs or, ce droit de vote ne fut accordé aux femmes, en France, par le Général de Gaule, qu’en en Avril 1944 (décret d’Alger).

La gauche bien pensante, mais sans mémoire, a oublié que c’est sa famille de pensée qui à encouragé l’expansion coloniale sous la troisième république (expositions coloniales de 1931 et 1937)…et Jusque sous la quatrième, avec l’Indochine !

Nul Homme ou femme, à moins d’être débile ou aliénable, ne peut accepter la responsabilité d’actes auxquels il n’a pas personnellement participé ou cautionné : c’est une déviance morale injustifiable qui prétend faire porter aux enfants les erreurs ou les crimes de leurs parents, déviance caractéristique des régimes totalitaires.

Alors messieurs les censeurs je vous renvoient face à l’Histoire : si un de mes ascendants, au XVIIème, avait été négrier, ou avait possédé des esclaves, c’était à l’époque une chose légale et admise. Il n’a commis selon les lois et les mœurs de ce temps aucune faute, ni aucun crime : on ne peut donc rien lui reprocher. Par contre si, aujourd’hui je pratiquais de même, ce serait contraire à la loi et je serais un criminel qui devrait répondre de ses actes devant la justice. Je pose la question à notre Président, qui en terre étrangère dénigre l’action du pays en se répandant en repentances : pourquoi les descendants des peuples prédateurs d’Afrique ou du Moyen Orient ne se repentent-ils pas que leurs ancêtres aient vendus leurs frères. Pourquoi ne dénonce-t-il pas les pays ou l’esclavage est toujours d’actualité ? Si ce monsieur avait seulement une once de culture, il ne pourrait nier tout ce que la France a apporté de positif dans les pays qu’elle a colonisé, aussi bien moralement que matériellement : il suffit de comparer l’état de l’Algérie, qui est une création entièrement Française, en 1830 et en 1962, ou celle du Sénégal entre 1860 et 1960 pour ne citer que deux exemples « de la malfaisance » de l’action de la France !

Non messieurs les faux-culs, je refuse de me repentir de ce qu’ont fait mes ancêtres, ils ont agi en accord avec les lois et les mœurs en pratique au moment ou ils ont agi. En histoire, il ne peut exister de condamnation rétroactive et encore moins de repentir pour des faits qui étaient justifiés au moment de leur exécution. Ceci dit, il est clair et évident que, à l’heure où nous vivons, le commerce d’êtres humains sous toutes ses formes, est un « crime » et est punissable comme tel.

Michel ROGER

VPF Ile de France

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