L’Être Suprême : la République !

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Depuis bien longtemps, les invocations à la république émaillent les déclarations, discours et écrits de tout ce qui prétend compter en politique ou dans les médias. Pour discréditer une argumentation, une personne ou un parti, rien de mieux que de l’accuser de ne pas respecter les valeurs de la république, et donc d’être ipso facto quasi fasciste. Sous le règne de M. Hollande cet art confinait au sublime par la bouche de M. Valls qui les invoquait sans cesse. La république est devenue parfois la référence ultime puisque M. Hollande lui-même, alors président, avait inauguré les cérémonies commémoratives du déclenchement du premier grand conflit mondial en déclarant que « le patriotisme c’est la défense de la république ». Et bien non ! La république n’est identifiable ni à la patrie, ni même à la démocratie. Nombreuses sont les monarchies parlementaires démocratiques dont les citoyens ne sont pas moins patriotes que ceux d’un état républicain. Et les républiques dites démocratiques qui sont de vraies dictatures n’ont pas manquées jusqu’à nos jours. C’est une forme d’organisation politique d’un état, qui en vaut une autre sans doute, mais n’a pas non plus de vertus exemplaires. La sacralisation dont elle est l’objet chez nous est très exagérée.

 

La belle devise « liberté-égalité-fraternité » a réussi d’abord à occulter le fait que la république est née dans le sang. Nous devrions être plus discrets et ne pas mettre sans cesse sous le regard des autres la gloire d’avoir tant massacré d’innocents à l’époque révolutionnaire, et souvent de quelle abominable façon, au nom de la liberté et des droits de l’homme. Nous avons en fait à cette époque inauguré le premier pouvoir totalitaire des temps modernes qui a dépassé en horreur, et de loin, tout ce que les rois absolus avaient pu commettre. Pourtant, Robespierre, un des plus grands massacreurs de ce temps, a encore sa rue dans de nombreuses communes.

Dans notre exaltation prétentieuse du « pays des droits de l’homme », nous oublions que la première constitution où ces droits sont clairement affirmés n’est pas française mais américaine. Nos révolutionnaires, dont certains avaient aidé les « insurgents » américains contre les Anglais, s’en sont largement inspiré.

Notre république, enfin stabilisée soit dit en passant après deux empereurs et trois rois, s’est-elle révélée aussi vertueuse que sa devise ambitieuse lui en faisait obligation ? Pour répondre à la question il faudrait plus de temps, plus de place que celle offerte par le cadre d’un article, et sans doute plus de compétence de la part du rédacteur. Mais on peut rappeler quelques faits et faire quelques réflexions.

Voyons le passé. Viennent à l’esprit, en vrac, sans hiérarchiser les arguments, de nombreux exemples du contraire. On a oublié qu’il y a à peine plus d’un siècle, la république, non contente de légaliser le système inique du tirage au sort des « conscrits », oublieuse jusqu’au bout de ses principes égalitaires, tolérait que l’on puisse payer un volontaire qui partait à sa place. On oublie encore que le suffrage universel, au pays des droits de l’homme, n’a existé  qu’en 1945, quand les femmes ont enfin obtenu le droit de vote (longtemps après les Turques); à peu près en même temps que les membres de la « grande muette », l’armée. La première constitution de la république naissante avait bien écrit que « tous les hommes naissent libres et égaux en droits », mais apparemment, pour ses rédacteurs, les femmes et les militaires ne faisaient pas partie du genre humain. Les socialistes ont été parmi les plus réticents à l’octroi du droit de vote aux femmes car ils craignaient que, dans un pays encore très christianisé, les femmes suivent les conseils électoraux des curés. Que dire du suffrage censitaire ? On votait si on payait des impôts, a été la loi électorale à plusieurs reprises.

 

Pour le présent, on peut noter que la liberté de parole prend des coups de canif répétés depuis bien des années. Elle est de plus en plus restreinte. Les lois Perben, Gayssot ont ouvert la boite de Pandore. La définition des délits y est tellement floue que leur champ d’application s’élargit sans cesse selon l’interprétation de magistrats pas toujours impartiaux. On peut « stigmatiser » à son corps défendant. On est catalogué si facilement homophobe, islamophobe, xénophobe, raciste, que même l’évocation de faits réels peut être sanctionnée. Dire que 70% des prisonniers sont musulmans ou noirs d’Afrique, ce que tout le monde sait, vous vaut condamnation par la justice. M. Zemmour en a fait les frais. Même chose si vous avez l’audace de faire remarquer qu’il y a un lien évident entre l’immigration que nous subissons depuis 40 ans et l’insécurité. Du moins une certaine immigration car les immigrés asiatiques ne remplissent pas les prisons. A contrario, la liberté est accordée à des gens qui bafouent la loi et leur vaut trop souvent attribution de prébendes que le républicain électeur de base ne reçoit pas et est contraint de financer. On peut citer, la liberté de vivre et circuler en France pour des clandestins, les multiples subventions qui leur sont accordées du fait justement qu’ils sont hors la loi. Attendons la loi sur les «fausses nouvelles» promise par M. Macron et nous continuerons dans la voie de la soviétisation douce quand l’état fixe les vérités qui peuvent être dites et imprimées. Dans un pays où la Légion d’Honneur est attribuée à des footballeurs de 20 ans richissimes et où le palais de l’Elysée est transformé en boite interlope et « gay » à l’occasion de la fête de la musique on peut s’attendre à tout.

L’égalité est un concept bien malmené lui aussi dans un pays, où les indigènes sont souvent moins « égaux » que les autres, et qui dépense de plus en plus pour ceux venant d’ailleurs et de moins en moins pour défendre ceux d’ici. Belle république qui défend si mal les siens et est si douce aux autres !

Quant à la fraternité, on a vu ce qu’un chef historique, que personne n’ose contester, a pu en faire il y a 56 ans, en laissant massacrer sous nos yeux des dizaines de milliers de nos compagnons d’arme. A cette occasion nous avons pu voir également que la république « une et indivisible » devenait divisible quand il s’agissait de donner l’indépendance à trois départements français. On vient de voir récemment ce que peut en faire le conseil constitutionnel qui étend le concept de fraternité à l’humanité entière, puisqu’on peut désormais, en France, aider tout clandestin sans enfreindre la loi, elle-même enfreinte par ces clandestins. Peut être verra t-on demain la république se dresser contre les Français dans une répression démente d’actes de légitime défense rendus inévitables par l’aveuglement et la faiblesse de leurs chefs. Jean Raspail dans son roman « le camp des Saints », écrit il y a plus de quarante ans, en a donné une description visionnaire et effrayante.

 

La république devient folle ; elle part dans tous les sens. Ne vient-on pas aussi de redonner le droit de vote aux handicapés mentaux sous tutelle, ce qui revient à admettre que certaines personnes voteront pour eux et voteront donc deux fois ? N’est-il donc pas nécessaire que l’électeur ait une capacité de discernement minimum ? Ou alors, plus méprisant, admet-on implicitement que l’électeur moyen n’est guère plus lucide ?  Les errements de l’état républicain sont tellement nombreux que l’esprit se perd à vouloir en faire une analyse détaillée. Les dérapages sont multiples. L’anecdotique, les déclarations irresponsables, les faits choquants, importants ou pas, tout se mêle et contribue à donner une image suspecte de cette république. Un candidat-président qui insulte gravement son propre pays à l’étranger, un président qui encourage la submersion de notre culture, dont il nie d’ailleurs l’existence, et nie l’évidence de dangers que les Français sont de plus en plus nombreux à percevoir.

Il y a une devise qui me plairait davantage que celle qui orne tous nos bâtiments publics. Mais hélas elle a déjà été utilisée, mal, et galvaudée : « travail, famille, patrie ». Dommage ! Mais elle n’aurait de sens il faut dire que si la république tournait le dos à nombre de ses pratiques actuelles. Si elle cessait de subventionner la paresse et récompensait le travail, si elle encourageait la natalité indigène plutôt qu’une immigration de remplacement, si elle éduquait les jeunes générations dans le culte de notre civilisation et de la patrie charnelle plutôt que dans l’adoration béate de la diversité et de la mondialisation. Si elle reconnaissait enfin comme une évidence qu’il n’est pas scandaleux que les Français aient quelques avantages en France ; si la France cessait d’être l’hexagone. Mais il faudrait aussi, et surtout peut être, des personnages politiques qui ne soient pas les purs produits des éducateurs soixante-huitards. Est-ce l’outil qui est mauvais ou l’ouvrier ?

Je trouve la république peu respectable. Je ne la trahis pas. Mais je me demande si je ne devrais pas me poser la question inverse.

Général (2S) Roland DUBOIS – VPF Ile de France

 

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