Les leçons de l’Histoire

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Durant de longues années, les Québécois ont souvent considéré les Européens et notamment les Français comme des enfants turbulents jouant à se faire la guerre durant des siècles ou à coloniser d’autres peuples. Cela ne leur semblait pas très moral. Mais voilà qu’un fait terrible vient de bouleverser la donne. Les Québécois à leur tour viennent de recevoir une leçon d’histoire.

 

Quel est ce fait ?

Fin septembre, une mère de famille autochtone (amérindienne) décède dans un hôpital de la région de Joliette au Québec. Mère de 7 enfants, elle avait décidé de filmer ses derniers instants. Oui mais dans la vidéo, on entend nettement les propos racistes du personnel de santé à son égard. L’affaire fait grand bruit ici et certains en ont profité pour la comparer à la mort de Georges Floyd (noir américain mort sous le genou d’un policier) et d’invoquer aussitôt le racisme systémique au Québec.

Il n’en fallut pas plus pour que les Premières nations décident alors de monter au créneau. Et voilà le Québec pris à nouveau dans la tourmente de la repentance, des affaires en justice, des revendications territoriales (territoires ancestraux) et du racisme systémique (mot à la mode), etc…

Et l’on voit ressortir les « affaires », que les québécois nomment aujourd’hui la « crise d’Oka », l’affaire des pensionnats autochtones et les disparitions des filles et des femmes autochtones.

 

1-La crise d’OKA

Il y a 30 ans, en été 1990, les québécois découvrent avec stupeur qu’une communauté autochtone- les Mohawks – tout près de Montréal, est prête à se battre pour faire valoir ses droits ancestraux et territoriaux sur des terrains que des promoteurs voulaient acquérir. Cela finira par une tragédie avec mort d’homme. Une enquête sera lancée sur le plan national : la Commission Royale d’enquête sur les peuples autochtones qui produira les actes suivants :

-En 1997 la Cour suprême du Canada reconnait les chefs héréditaires autochtones comme détenteurs de droits ancestraux pour les autochtones hors réserves,

-En 2002, le gouvernement provincial signe « la paix des Braves » pour la reconnaissance des droits de la nation Cris.

-En 2008 Ottawa reconnait que les revendications territoriales liées à la crise d’Oka étaient justifiées.

 

 2-L’affaire des pensionnats autochtones

En 1920, un amendement à la loi sur les Indiens (1876) rendit la scolarisation des enfants amérindiens obligatoire. Cette éducation scolaire des jeunes autochtones avaient pour but de civiliser, christianiser voire assimiler cette jeunesse afin qu’elle se fonde, sans droits particuliers, dans la masse des citoyens canadiens et ainsi « tuer l’Indien au cœur de l’enfant ».

En 1950, la responsabilité de la majorité des internats au Québec fut confiée à la congrégation des Oblats de Marie Immaculée. Cependant, comme le mentionnera HISTOIRE CANADA, ce système de pensionnat fut pour ces enfants un système violent physiquement (sévices sexuels et physiques), moralement (sans amour ni tendresse familiale) et culturellement (loin de l’instruction dite par essai-erreur ou observations et éradication de la langue et de la culture amérindienne).

Même si les pensionnaires ont reçu les moyens culturels pour faire face au monde moderne (lire, écrire, compter, parler français et anglais, négocier se défendre politiquement). Il n’est pas insensé de penser qu’agir en lieu et place des parents d’un enfant ou à vouloir l’arracher à sa famille a quelque chose de totalitaire dans cet « exercice ».

En 2012 sera créée une Commission de vérité et réconciliation sur l’horreur des pensionnats pour faire connaître au peuple Canadien ces tragiques évènements vécus à travers le Canada et au Québec et qui laissent encore aujourd’hui des séquelles de vie dans les familles amérindiennes.

 139 pensionnats autochtones seront mis en fonction au Canada pour plus de 150 000 élèves dont 13 000 au Québec. 3 200 d’entre eux ne reverront jamais leurs familles.

Stupéfaits que ces pensionnats soient une réalité canadienne et donc québécoise, le malaise des québécois est désormais palpable envers ces communautés autochtones.

D’ailleurs, en 2015, le gouvernement québécois reconnaîtra le « génocide culturel » des peuples autochtones sur son territoire du 19ème siècle aux années 1990.

Et pour vous confirmer que l’Histoire est un éternel recommencement, sachez qu’en Malaisie, le même système de pensionnat est utilisé par l’Islamisme radical pour « formater » les esprits des enfants qu’ils vont chercher dans les tribus les plus reculées de leur territoire.

 

La disparition des filles et femmes autochtones

Justin Trudeau, 1er ministre du Canada depuis 2017, bourré d’empathie pour le peuple des Premières Nations (les Indiens d’Amérique), avait promis de monter au créneau pour faire la lumière sur les nombreuses disparitions des filles et femmes autochtones au Canada et sur e racisme dit systémique (et non systématique) des forces policières envers ces communautés autochtones.

Il créera en septembre 2016 une commission : l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées dont le rapport sortira en 2019, sans grand effet. Il mentionnera pourtant que 1017 homicides et 164 disparitions ont bien eu lieu entre 1980 et 2012 et que 130 femmes ou filles autochtones ont été assassinées ou retrouvées mortes dans des circonstances suspectes durant le temps de cette enquête.

Mais reconnaissons-le malgré tout. Ces enquêtes ont eu pour qualité de chasser les préjugés et les stéréotypes des Québécois envers les communautés autochtones même s’ils persistent encore. Elles contribuent à faire connaître aux Québécois les traumatismes infligés aux peuples autochtones sur de longues années et au fil des générations. En cela, on peut parler d’une avancée dans les consciences et dans la connaissance de l’Histoire.

 

Quelle est la position des Premières Nations ?

« Le temps passe et aucune avancée spectaculaire n’est remarquée » affirment les chefs des Premières Nations.

Et comme dira le Chef amérindien Picard : « Quand il est question de pouvoir et de territoire, il y a moins de progrès ».

C’est donc là la demande des Amérindiens : des territoires et du pouvoir !

 

Mais que représentent les peuples amérindiens au Canada ?

Nous trouvons environ 1 000 000 d’autochtones au Canada qui se décomposent en 64% d’Amérindiens, 30% de métis et 4% d’inuits et 2% autres.

Au Québec, 98731 autochtones représentant 1,8% des québécois se décomposent en 82 425 d’Amérindiens, 40 960 de Métis et 12520 Inuits et autres.

La situation est complexe tellement ces branches de vie sont imbriquées les unes avec les autres.

Alors comme d’habitude, en politique, nous risquons de nous enfoncer plus encore dans la nasse des réformettes, des lamentations, des dédommagements en argent voire même des mensonges idéologiques !

 

Quelles bonnes questions se poser ?

– De quels territoires ancestraux amérindiens veut-on parler ? Seront-ils d’un seul tenant ou fractionnés ?

– Le Canada et ses provinces sont-elles à même de s’entendre sur cette question commune sachant que leurs objectifs ne sont pas les mêmes ?

– Les Premières nations seront-elles à même de s’entendre entre elles sur un pouvoir commun lié à leur monde ancestral ?

– Faudrait-il étudier autrement les fondamentaux pour redonner aux Autochtones leur droit à leur identité totale en leur accordant de vrais territoires et non des villages appelés « réserves » ?.

Et pour cela :

– Faudra-t-il changer la tutelle fédérale mise sur la tête des Premières Nations par un rapprochement par communautés et par Province ?

– Faudra-t-il que le Québec devienne indépendant pour pouvoir traiter avec les communautés autochtones qui vivent sur son territoire ?

 

Les pièges à éviter ?

en premier lieu celui de la repentance pour ne pas tomber dans le piège des revendications idéologiques qui consistent à faire payer aux générations présentes et futures les malheurs occasionnés par les ancêtres.

mettre un genou à terre. Ce geste que l’on croit rempli d’empathie est une première étape vers la soumission ou la vassalité.

cacher ou falsifier l’Histoire. Il est urgent de faire apprendre à nos générations futures l’Histoire de leurs nations et de leurs communautés afin qu’ils puissent, en toute connaissance de cause, réagir honnêtement aux situations à venir et en respect envers les êtres humains.

Et demain ?

Deux drames se préparent : en premier lieu les prochaines élections américaines et ses prochaines révoltes sociales,

En deuxième lieu, le combat au Québec (et en Nouvelle Ecosse) pour la conquête des territoires de pêche (en eau douce et eau salée) et de chasse (ours, orignal, caribou et chevreuil) entre québécois (activités dites sportives) et autochtones (activités de « subsistance convenable »).

Il faudra naviguer avec et trouver le bon cap.

 

Et la France dans toute cette Histoire ?

Nous, Volontaires pour la France, nous ne devrions jamais oublier que les Algonquins nous ont beaucoup appris lors de notre venue sur leurs territoires au XVIIème siècle et qu’ils furent nos alliés dans les guerres contre les Anglais. Les Algonquins, quant à eux, ne devraient jamais oublier que la langue française leur permettrait d’avoir une place de choix au sein de la Francophonie et de trouver des alliés dans leurs combats. Oublier c’est mourir !

Enfin, rappelons-nous toujours que l’Histoire n’est pas que de l’Histoire parce qu’elle sait survivre à l’usure du temps.

 

Patrice Sautereau du Part

Correspondant VPF Québec- Canada

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