Le déclin politique des régimes occidentaux

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J’ai traité dans l’article précédant le déclin spirituel de l’Europe occidentale et de l’Amérique du nord. Le deuxième axe de déclin est politique. La vérité est que nous ne vivons plus en démocratie. Les élections ne suffisent pas. Il faut encore que la politique des gouvernants aille dans le sens des intérêts du peuple. Depuis des années, au moins les années soixante, ce n’est pas le cas. L’angoisse monte chez les citoyens : ils ont l’impression de ne plus être chez eux : invasion migratoire, montée du crime et de l’insécurité, déclassement des classes moyennes, chômage surtout des jeunes, surfiscalité. On a l’impression que l’Etat s’attaque à ses propres citoyens principalement.

Pourquoi ? Parce que des oligarchies en réseaux ont pris le pouvoir. Ces oligarchies de la haute finance et de la haute administration, avec des réseaux associatifs culturels et cultuels, souvent liés à des puissances étrangères, sont les vrais gouvernants ; Le phénomène s’est aggravé avec l’emprise du pouvoir politique, économique et culturel des Etats-Unis d’Amérique. La vie religieuse elle-même s’est américanisée (église catholique conciliaire, développement de multiples sectes, etc). Les dirigeants défendent de moins en moins les intérêts du peuple. Le chômage des classes moyennes déclinantes ne les intéresse guère. L’immigration détruit les structures sociales traditionnelles au profit de l’étranger. La criminalité ne touche guère les classes dominantes.

Une nouvelle lutte des classes

Ainsi apparait une nouvelle lutte des classes dans chaque pays d’Europe occidentale. Le mot est tabou mais c’est bien la réalité décrite par des sociologues comme Christophe Guilluy. Cette lutte des classes a sa traduction électorale : c’est la montée des partis dits populistes qui vient de prendre le pouvoir en Italie. Il faut s’attendre à des virages politiques importants. Les élites dans leur majorité ont fait leur choix : défendre les intérêts étrangers d’abord. Au sommet, on défend les grands groupes contre les petites entreprises nationales. En bas de l’échelle sociale, les immigrés sont systématiquement avantagés avant les pauvres de souche de ce que l’on appelle « la France périphérique ».

De plus, les médias sont mobilisés pour donner mauvaise conscience au citoyen : idéologie dite antiraciste et hostile en réalité aux nationaux, égalitarisme maniaque, dévalorisation du patriotisme (malgré des propos inverses hypocrites). Cette idéologie venue de l’extrême gauche fait bon ménage avec les milliardaires « people » déracinés. Mais l’évolution des sondages montre que cette coalition devient minoritaire et de plus en plus âgée. On assiste à la montée d’une jeunesse plus ou moins identitaire. Plus elle est pauvre, plus elle souffre de l’immigration, de l’insécurité et du chômage, et plus elle prend conscience et se mobilise. Les élites ne voient rien et devront s’attendre à des réveils brutaux.

Le déclin des « Lumières »

De plus, notre époque est aussi celle de l’essoufflement des idées laïques universalistes anti nationales. C’est la revanche du réel contre l’abstraction. Dans les milieux attachés aux vieilles idées qui remontent à Voltaire et Rousseau, on commence à s’inquiéter. Les idées « modernes » débouchent en effet sur la déchirure du tissu social et sur des phénomènes mortifères d’où la baisse de la population de souche. Il semblerait par exemple que certains francs- maçons parmi les plus perspicaces ont décelé ces faiblesses mortelles. Ainsi, un conflit se fait jour entre les francs –maçons vieillots anti religieux, scientistes héritiers du 19ème siècle et parfois encore restés marxistes, et l’aile plus avancée liée à la finance, moins sectaire que tente de représenter en France Emmanuel Macron. Un récent numéro du Figaro Magazine a bien décrit cette déchirure.

C’est la course : les francs-maçons « new look » vont-ils surfer sur la lutte des classes et la contrôler ? C’est difficile car ils doivent lutter contre leur aile gauche et ce qui reste de la gauche archaïque style Mélanchon, tout en plaisant aux intérêts des grandes multinationales et aux désirs financiers des Américains (mais là encore Trump les trahit).

De l’autre côté, le populisme risque de gagner la course comme on le voit en Europe de l’est et du centre, y compris l’Italie.

L’histoire montre que dans ce genre de course, c’est le peuple qui gagne la plupart du temps.

Les futures institutions : la démocratie directe et un président fort

La voie de sortie ne peut être que celle de la « démocratie authentique ». Il faut réduire les parlements a des institutions annexes car ils ne représentent plus le peuple. En France, « en Marche » représente une faible minorité. En fait ce sont les hauts fonctionnaires et les réseaux qui y sont liés qui dirigent sans avoir la moindre idée de la vraie sociologie française.

La Suisse montre la voie avec ses référendums d’initiative populaire où le peuple par pétition déclenche des initiatives pouvant renverser les lois concoctées par les lobbies. D’autres pays avancent dans cette direction : l’Italie, l’Allemagne au niveau régional par exemple.

Mais il y a des formes plus subtiles : la démocratie, outre les élections, est l’accord entre l’exécutif et le peuple (lire notre propre constitution). Où cet accord est-il le plus grand ? Dans la Russie actuelle que je décris dans mon livre « la Russie de Poutine » (Giovannangelli éditeur). Dans notre climat de désinformation, cela peut choquer. Mais c’est pourtant la vérité. 70% des français condamnent notre système politique (voir notamment les livres des politologues Bréchon et Tchernia). En Russie, c’est l’inverse et sans contrainte, quoi qu’on en dise ! Le Kremlin s’intéresse beaucoup à l’accord entre le peuple et lui-même. Une institution, le Front populaire, diffuse l’esprit démocratique dans toute la société : en Occident, on l’ignore avec mépris.

Mais le déclin des pseudo démocraties occidentales est entamé. C’est inscrit dans la sociologie. Prenons le tournant plutôt que de rester à la traine !

Ivan BLOT

Coprésident des VPF

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