La révolution du repli

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La révolution du repli est en marche et va s’accélérer…

Le pouvoir est à l’argent ; l’argent est aux riches et les riches forment aujourd’hui une ploutocratie qui a réussi à circonvenir une classe de politiciens technocrates, acquise aux principes de l’ultra-libéralisme, oxymore de l’individualisme et du mondialisme, pour la satisfaction de ses intérêts personnels. C’est ce que certains auteurs appellent le « capitalisme de connivence »…

Cet avatar de notre Société est le produit de la déconstruction opérée par l’ultragauche, qui a abandonné le concept marxiste de lutte des classes (antagonisme bourgeois contre ouvriers) au profit de la défense des minorités que leurs thuriféraires (comme Jacques Derrida, Michel Foucault…) se sont choisis eux-mêmes au motif qu’ils représentaient les nouveaux exploités du monde post-moderne, comme : les aliénés, les prisonniers, les gays, les immigrés et même les femmes (pourtant majoritaires !) etc. Leur thèse est que tout système de pouvoir hiérarchique est une forme d’aliénation ; tous les désirs individuels humains ne sauraient subir des contraintes car le pouvoir est toujours domination. La norme n’existe plus.

Les liens de notre communauté nationale se sont donc considérablement distendus sous leurs coups de boutoir, renforcés par ailleurs par des médias au service de ceux à qui cette évolution profite du fait que les problèmes sociétaux prennent le pas sur les questions sociales, et dont les responsables et animateurs se déculpabilisent ainsi de leur aisance et privilèges acquis, ostensiblement inéquitables.  

L’homme est donc doublement ou triplement livré à lui-même, débarrassé de ses appartenances de classes socio-economico-culturelles, sorti de sa Souveraineté et de ses croyances transcendantales, quand il n’est pas volontairement poussé à l’angoisse ; ainsi déboussolé il devient facilement manipulable par une pensée unique qui devient véritablement dévastatrice en matière de discernement…

L’homme replié ainsi sur lui-même, ayant été tellement trahi, par ceux (ou celles) qui étaient censé(e)s défendre ses intérêts dans le cadre d’une notion de bien commun acceptée, adhère de plus en plus difficilement à un système de représentativité de ses aspirations et se recentre sur sa vie personnelle et familiale. 

Le mot de réaction a acquis une très mauvaise connotation, et je me garderai bien de l’employer, même s’il apparait sain et même parfois vital de réagir à une situation oppressante pour éviter somatisations, crises ou même suicides ; je préfère donc employer celui beaucoup plus positif de réactivité par repli (ou retour en arrière).

Cette révolution salutaire du repli contestataire a commencé avec les gilets jaunes mettant en cause directement le pouvoir politique, sans véritable assise au sein du monde intellectuel, tout en s’attaquant aux médias, leur revendication essentielle touchant à leurs conditions de vie et à la répartition de la richesse. Avec ses 100 000 manifestants environ, elle ne constitue malheureusement pas une mobilisation massive. Plus structurée mais moins violent le mouvement de la Manif pour tous, avec ses 1 000 000 de manifestants avait montré au préalable l’attitude de fermeture des pouvoirs publics puisqu’aucune concession si minime soit-elle n’avait été faite ; ce mouvement va reprendre à la rentrée avec cette acceptation légale de la PMA qui réduit l’enfant à une prestation de service, au prix de trois injustices : privation de père, détournements de prélèvements sociaux, stockage marchand d’ovocytes, entrainant la perte des dernières protections accordées à l’embryon humain et l’évolution vers des pratiques de plus en plus eugénistes. Il risque de se télescoper (ou de s’additionner ?) avec un mouvement beaucoup plus vaste de revendications générées par les conséquences des dernières réformes sociales octroyées par le gouvernement (droit du travail, chômage, retraite) ; et quand la prise de conscience se fera globalement au niveau, jamais encore atteint, de mensonges, de fausses promesses, de double langage, de lois castratrices et muselant les opinions, de contradictions fondamentales, de refus d’aborder les vrais sujets, de conflits d’intérêts, d’abus de droit, de corruption et de forfaitures, je ne donne pas cher du poids que représenteront ces quelques centaines de responsables en réseau de connivence pour continuer à garder le pouvoir face à ces 10 000 000 de justiciers réclamant des comptes et désireux de changer de paradigme !

Évidemment cette Révolution de la récupération de la Souveraineté et de la Démocratie n’obtiendra des résultats que si elle sait écarter les « casseurs professionnels », accepte de se structurer, de s’organiser et trouve des « pilotes » qui sauront faire rêver d’une Nation retrouvée à la recherche de la réalisation d’une utopie plus humaine, plus protectrice, plus respectueuse de nos valeurs millénaires et donc plus exaltante…

Patrick VERRO  

 

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