La politique d’urgence du gouvernement en question…

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De plus en plus de questions se posent quant à la gestion de cette épidémie. Depuis maintenant dix jours, le ministre Veran annonce l’arrivée de masques dans les hôpitaux, les centres de santé. Ils arrivent oui, mais au compte goutte, et les personnels crient de plus en plus fort leur désarroi, d’avoir à prendre de tels risques pour soigner les malades. Question : pourquoi ne pas prêter mains fortes aux fabricants français, leur amener du personnel supplémentaire, de la logistique, véhicules etc… Certaines de ces entreprises disent manquer de personnels, d’electro mécaniciens par exemple : pourquoi ne pas détacher des personnels de l’état temporairement pour les aider ? A situation exceptionnelle, moyens exceptionnels…

C’est facile, quand on est président, à l’abri dans son palais, d’envoyer les autres à la guerre : encore faut-il qu’ils disposent des armes nécessaires… Un chef de service dans un grand hôpital a dit l’autre jour que nous étions tombés au niveau d’un pays du Tiers-monde, en pénurie même du strict nécessaire…

Le pire dans tout cela est que la parole des autorités est aujourd’hui grandement entamée. Pour faire avaler la pilule de la pénurie de masques, Monsieur Salomon, comme Madame N’Diaye, nous expliquent que le masque ne protège pas, ne sert que pour les malades afin qu’ils évitent de contaminer les autres : comme un bon nombre de porteurs ne savent pas qu’ils le sont, le port du masque est donc de toute façon vital pour enrayer la propagation du virus. Et en plus, tous les corps les plus indispensables en réclament : médecins, infirmiers, infirmiers libéraux, pharmaciens, et même… policiers.  Le syndicat de police “Alliance” a d’ailleurs menacé d’exercer le droit de retrait, si rien n’était fait pour remédier à la situation : vous imaginez le tableau, si les policiers, excédés par tout ce qu’on leur fait subir depuis des mois, finissaient par rendre les armes en ce moment ?

Dans des tweets, Mesdames N’Diaye et Avia ont déclaré avoir mis leurs équipes au télétravail, depuis plusieurs semaines : elles savaient donc ce qui allait arriver ? Et personne ne nous aurait rien dit ? Depuis dix sept jours, l’Italie est en confinement total : n’aurait-on pas pu comprendre dès ce moment là la gravité de la situation, qui tel le nuage de Tchernobyl, ne pouvait pas manquer de frapper notre pays ? Le gouvernement n’a-t-il pas pratiqué la politique de l’autruche suffisamment longtemps pour retarder les mesures qui fâchent, et au final aggraver la situation ? Comment s’acharner à maintenir des élections dans de telles conditions ?

Et pour finir, le gouvernement a-t-il anticipé les troubles qui ne manqueront pas de se produire, dans quelques semaines, ou même quelques jours ? Va-t-on encore refuser de voir la réalité de notre pays, qui est fort différent pour le coup de l’Espagne ou de l’Italie ? Pillages, braquages, bagarres, menaces et intimidations sur le personnel médical ou les employés de supermarchés sont déjà, au bout de quelques jours, le lot .de nos policiers, eux aussi privés des moyens de protection. Des quartiers entiers refusent le confinement, comme s’ils étaient au dessus des lois. Madame N’Diaye, fidèle aux leitmotivs habituels de son camp, nous met en garde contre ce type de remarque, même en temps de “guerre” : c’est du racisme. Alors, pour éviter de décrire une réalité qui pourrait s’apparenter à du racisme, et alerter sur certains risques, il faut fermer les yeux,  ne rien dire, laisser faire, quitte à  laisser le virus se propager : cela vaut mieux que de mettre telle population à l’index, aux dires du gouvernement…

Le séparatisme, dont on parle depuis des années sans bien comprendre quelle forme il peut prendre, commence à devenir réalité : la crise sanitaire est en ce sens un catalyseur, comme elle l’est probablement également pour l’économie… Et le gouvernement ne voit rien venir ? Ne prévoit rien ? Se tromper une fois, c’est une erreur et l’erreur est humaine, même dans un cas aussi lourd que ce qui nous arrive aujourd’hui. Persister dans le déni, les hésitations, les atermoiements, ce serait criminel, dans les circonstances actuelles : le gouvernement a le devoir absolu de protéger la santé, mais aussi la sécurité des Français, et pour une fois d’anticiper ce que beaucoup voient venir à grands pas.

 

Olivier PIACENTINI

Spécialiste du Gouvernement de Relève Nationale

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