Justice pour tous ?

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Le réseau est une chose absolument sensationnelle. Techniquement d’abord, et surtout pratique pour trouver de grands moments de détente et profiter de l’incommensurable rigolade que nous proposent nombre de soi-disant « élites ». Ainsi et dernièrement, on apprend que madame le juge s’est vue offrir une sérénade à son domicile. Certes et de tout temps, la gent féminine a toujours apprécié les ménestrels qui venaient chanter sous ses fenêtres, voilà qui était une marque de savoir-faire dans le délicat exercice de la séduction. Pourtant, il semblerait que cette fois-ci, Son Importance n’ait point été ravie du délicat hommage ainsi proposé et si vivement rendu.

Certes, dans un pays démocratique, on respecte certaines choses, on a aussi le droit de dire ce qui déplaît, et mettre en doute des actions ou des décisions qui, au contraire, ne nous plaisent pas du tout. Mais dans d’autres pays, c’est un peu la loi de l’autoritarisme bien appliqué et bien asséné, et quand on tabasse à tout va, il ne faut pas trop s’étonner d’un « petit retour sur investissement »… Il serait certainement intéressant de connaître les derniers arrêts prononcés par cette honorable et honorée personne, peut-être y verrait-on des rapports assez évidents de « causes à effets ». Ou les auteurs de la manifestation festive sont des petites frappes, et cela montrerait qu’ils n’ont plus peur de ce qui devrait être l’autorité, ou ce sont des personnes excédées qui ne peuvent plus supporter des décisions estimées très au-delà du juste prix.

Naturellement, il pourrait s’agir aussi de radicalisés dont le traitement curatif n’a pas donné entière satisfaction, mais là, l’innocence est acquise d’emblée. Quoiqu’il en soit, les décisions insensées de ces personnages condamnant durement par-ci, graciant généreusement par-là, laissent souvent perplexe. Il paraît que ces sommités déguisées ont pour rôle de mettre en application des principes moraux de justice et d’équité, principes hautement élaborés, sérieusement pensés, profondément analysés, ainsi, on ne comprend pas très bien pourquoi on découvre des sentences totalement différentes d’une décision à l’autre, pour des cas relativement similaires. Car les textes de référence sont les mêmes.

On ne peut que s’étonner par exemple que, lors d’une « atteinte » à un lieu de culte, dans un cas, il n’y a qu’une peine légère, voire symbolique, alors que les dégâts sont assez importants, mais dans le cas d’un autre lieu de culte, où les dégâts sont inexistants ou totalement insignifiants, les peines soient assez lourdes. Ces disparités sont très ennuyeuses, elles tendraient à montrer qu’il y a des cultes plus importants que d’autres, alors qu’une certaine Loi de 1905 ne donne pas de priorité particulière.

Une autre affaire remporte aussi un franc succès dans le domaine de la plaisanterie, il s’agit de la saga interminable d’un certain ex-conseiller du château. Il est assez curieux de voir l’affaire traîner, et surtout, encore plus curieux de voir les rebondissements successifs aussi surprenants les uns que les autres. Entre un coffre-fort qui disparaît d’un appartement sous scellés (officiels) et un autre, resté au château, mais qui se serait discrètement vidé lors d’une nuit sans lune, on peine à comprendre le manque d’intervention des services, lesquels sont beaucoup plus rapides quand il s’agit de condamner à de lourdes peines des personnes honnêtes, mais qui osent dénoncer des conditions de vie devenant chaque jour plus difficiles, pour ne pas dire insupportables. Que ces personnes violentées en arrivent à répliquer envers les tâcherons qui cognent à tout va, la réaction peut se comprendre, mais que la riposte officielle amène des condamnations aussi rapides qu’iniques, voilà qui se comprend moins. Et pire encore, pour peu qu’une quête soit organisée pour aider un révolté adepte du pugilat, mais un peu trop audacieux, et voilà que les services demandent la  liste des personnes généreuses, et, pire encore, empêchent que les sommes versées soient remises à la famille de l’intéressé, la chose s’enlisant dans des délais interminables, tout à fait en contraste avec des répressions pénales immédiates et totalement disproportionnées.

Par contre, si un automobiliste excédé vient à renverser quatre ou cinq gilets fluorescents un samedi après-midi, les choses sont beaucoup moins rapides pour un éventuel châtiment, surtout quand on apprend que le chauffard est policier, heureusement hors service au moment des faits. Mais c’est vrai que pour ce cas particulier, les choses sont expédiées d’une autre façon, le « tarif lent » est de rigueur…

Naturellement, personne ne s’étonnera qu’un soi-disant « artiste » profère des injures et des atteintes aux « valeurs de la république », et ne soit condamné qu’à des peines symboliques, tel n’est pas le cas d’un manant qui ose qualifier une élite dans des termes, certes, guère élogieux, mais parfaitement adéquats et justifiés. Les larbins médiatiques n’hésitent pas à cacher ou déformer des faits quand ils ne soufflent pas dans le sens du vent, non seulement ils ne sont pas inquiétés (ou si rarement), et le démenti, si il arrive, ne fait jamais la une de la presse en gros titres, contrairement à l’anathème. Il est évident que ce système montre chaque jour son orientation profonde, et par conséquent, le but destructeur devant amener à la soumission complète. Naturellement, le pire n’est jamais certain, il est juste probable, et il ne faut pas s’étonner que nos seigneurs saigneurs s’activent à mettre en place de nouveaux textes pour aller encore plus loin dans la répression.

Il est tout à fait inquiétant de voir en gestation un projet censé condamner la « haine »,  et durement, cela s’entend. La haine étant un sentiment, sa définition sera excessivement délicate à mettre en mots clairs et précis, et donc, l’interprétation fort difficile, pour ne pas dire impossible. En conséquence, quiconque sera accusé de ce forfait sera soumis de plein droit à l’appréciation purement personnelle et totalement partiale d’un arbitrage plutôt « aux ordres », plutôt que d’être l’objet d’une analyse structurée et rationnelle. Ce nouvel outil permettra de museler totalement toute personne déplaisante, il serait tentant d’y voir une relative similitude avec la mise en hôpital psychiatrique des mal-pensants, méthode utilisée il n’y a pas si longtemps – et peut-être même encore maintenant, dans certaines régions.

 Naturellement, un tel outil n’a qu’un seul but : faire taire les rebelles  en les diffamant et en les ruinant, et apeurer les plus fragiles et les plus démunis. Décidément, au pays des lumières, ça fait déjà un bon bout de temps qu’elles se sont éteintes…

Roger FER

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