De l’humanisme à l’animalisme en passant par la déresponsabilisation individuelle

Le partage est disponible

Ce jeudi 8 octobre 2020, je me suis contraint à suivre les débats, jusqu’à leurs fins, des deux propositions de lois suivantes : l’une visant à renforcer le droit à l’avortement, l’autre à améliorer le bien-être animal.

De mes humanités il me reste cette forte adhésion à ce qu’on appelait l’humanisme, ce corpus de valeurs fondées sur la raison et le libre-arbitre qui plaçait l’homme au-dessus de tout et lui recommandait de se protéger contre tout asservissement de l’esprit pouvant faire obstacle à son développement… Aujourd’hui j’appelle au secours mes fidèles références : Montaigne, Erasme, Spinoza, Condorcet, Voltaire, Kant, Renan, Dostoïevski, Bernanos, Green, Teilhard de Chardin, Lévi-Strauss, Aron, Camus, car les pires idéologues sont en train de tenter de prendre le pouvoir, dans tout ce qui est consubstantiel à la nature humaine, en essayant de rendre l’être humain esclave de sa sensiblerie et complètement lisse dans sa raison jusqu’à agir contre son intérêt. Et l’on sait d’où vient ce vent mauvais : du nouveau démiurge milliardaire Georges Soros et de ses complices de circonstance qui cherchent à s’approprier la gouvernance mondiale pour mieux servir leurs intérêts financiers. Pour atteindre leur fin, ils prônent les ouvertures tous azimuts des frontières, la libération totale des mœurs et la primauté de l’individuel sur les devoirs collectifs.

On retrouve ces soubassements idéologiques dans les deux propositions de lois.

En matière de report du délai d’avortement à 14 semaines, il est à noter que le Comité National d’Ethique n’a même pas donné son avis (peut-être que cet acte grave doit-il, ni plus ni moins, être traité comme une maladie ?), que les références des bases statistiques sont contestées (de 300 à 3000 cas !), que la liberté de conscience a été retirée aux professionnels de l’exécution de l’acte et surtout que l’équilibre dans la liberté de choix (si cher à Simone Weil) n’a pas été respecté ; en effet il n’est pas question de politique de prévention, aucune aide n’est véritablement prévue en cas d’abandon volontaire de cette intention de se débarrasser de ce bébé en cours d’élaboration, l’implication de la responsabilité du géniteur dans ce processus a été complètement éradiqué. Et pourtant les auteur(e)s auraient pu réfléchir plus en profondeur en rapprochant l’exemple de nos voisins allemands (100 000 avortements pour une population de 80 millions) avec celui de notre pays (232 000 avortements pour 60 millions d’habitants !)…

En matière d’amélioration du bien-être animal, dont la proposition connut un échec impitoyable en dépit des lamentations de son rapporteur, Cédric Villani appela à la rescousse des grands noms comme Saint François d’Assise, Montaigne, Voltaire, Victor Hugo, Louise Michel, Elysée Reclus, Marguerite Yourcenar, Charles Péguy en osant affirmer que son texte « se centrait dans le plus profond de notre humanisme » et qu’il y a 170 ans la première loi sur le bien-être animal, celle du général et député bonapartiste Delmas de Grammont avec le soutien de la gauche.

En réalité cette proposition écartait des pans entiers de la condition animale et il y eut beau jeu de persifler sur les graves dilemmes de la hiérarchie des souffrances animales  entre le tigre dans sa cage et le poisson rouge tournant en rond dans son bocal, entre l’abattage rituel de moutons ou le déterrage traditionnel de blaireaux, entre le « toutou à sa mémère sur son coussin rouge » privé d’exercice (sauf pour se vider) et gavé jusqu’à n’être plus que des saucissons à pattes et le dauphin qui peut évoluer dans son bassin ; tout cela ressortissant de contre-vérités évidentes et d’une méconnaissance atterrante des sujets traités.

Personnellement j’attendais que des questions autrement plus sérieuses fussent abordées comme ce rapport au vitriol sur la biodiversité dans lequel le Conseil économique, social et environnemental juge que la loi sur la protection de la nature n’a pas arrêté le « déclin » de la faune et de la flore ; à titre illustratif on peut rapporter cette citation : « L’artificialisation, cause majeure de l’érosion de la biodiversité, reste imparfaitement définie et non maîtrisée », ainsi « Près de 60 000 ha de béton et d’asphalte continuent à recouvrir chaque année des terres agricoles ou naturelles, sans compter l’assèchement des zones humides »…

En réalité, dans les deux cas de figure, les observateurs ont parfaitement  bien perçus les manœuvres d’intérêts financiers capitalistiques précis qui se drapaient dans les idéologies dogmatiques d’idiots utiles pour mieux arriver à leurs fins ; la preuve la plus éclatante fut encore ces agissements violemment et clairement dénoncés, en pleine Assemblée Nationale, de ces groupes de pression, d’origine étrangère, qui cherchèrent à manipuler ostensiblement et bêtement les opinions des décideurs en bourrant les messageries électroniques de courriels d’électeurs bidons par le truchement de robots programmés pour ce faire…    

                     

Patrick VERRO

 

Comments: 4

Laisser un commentaire